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Mardi 18 Septembre 2018

 Lettre n°16: Editorial


   Les institutions discréditées



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 Lundi 03 Mars 2008

 Les classes dirigeantes du pays ont trouvé en Sarkozy le personnage qui les représente le mieux. À mesure que le pays s’enfonce dans une crise sociale aggravée par le temps depuis lequel elle se prolonge, la caste politique qui est à sa tête se délecte dans une fin de règne qui, jamais dans l’Histoire, n’a été aussi proche de son début.

Dans un tourbillon propre à affoler ses partisans eux-mêmes, le président lance les réformes les unes après les autres sans trop se soucier, semble-t-il, de la cohérence de l’ensemble et de leur application effective. Ces charges de cavalerie contre les acquis de la République, notamment sociaux, nés pour bon nombre d’entre eux du programme du Conseil National de la Résistance, paupérisent une grande partie de ce que la sociologie croit pouvoir qualifier de classes moyennes.

Ainsi la question du pouvoir d’achat prend-elle le relais du chômage dans la conscience révoltée de citoyens toujours plus nombreux. Mais, loin de simplement se succéder, les deux drames se conjuguent pendant que, au sommet économico-politique, l’argent coule à flot et que les princesses épousent des bergers couverts de strass, sous les flashes. À la veille de la Révolution Française, se jouaient de telles scènes au petit Trianon. Le roi et sa reine se sentaient aimés du bon peuple à qui étaient livrées des bluettes censées l’enchanter.

Aujourd’hui, les institutions de la République, ce qui en reste, sont autant d’obstacles à des pratiques qui aboutissent à la destruction des acquis de la civilisation. Les camarillas dirigeantes s’activent à les dissoudre.

La dernière en date de ces initiatives touche à un principe intangible inscrit dans la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen : « nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée». Que le Conseil constitutionnel ait rejeté une loi rétroactive relative à la « détention de sûreté » est une chose. Que le chef de l’État cherche à contourner le Conseil en est une autre, signe d’une déliquescence des institutions de la Ve République. Mais il ne faudrait pas oublier le plus grave : le Parlement a osé voter une loi contraire à la Déclaration de 1789. Il a ainsi œuvré à rétablir l’arbitraire de l’Ancien Régime. Déjà, le 4 février, à Versailles, il avait appliqué la même logique de mépris des droits du peuple souverain en adoptant le traité de Lisbonne, nouveau nom du Traité constitutionnel européen rejeté le 29 mai 2005.

Quand le Parlement et les autres institutions de la République sont à ce point enfoncés dans le discrédit, ils ne peuvent trouver aucun recours en leur sein. Il devient nécessaire d’en mettre de nouvelles sur pied. Cette tâche est celle d’une Assemblée Constituante.





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