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Mardi 21 Novembre 2017

 Lettre n°17: Brèves


   Devoir de mémoire



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 Lundi 31 Mars 2008

 Une faute contre l'esprit. C'est en ces termes que le philosophe Henri Pena-Ruiz qualifiait le 20 février dernier, dans Le Monde, l'annonce du président de la République de faire assumer par les enfants des écoles élémentaires la mémoire des enfants juifs victimes de la Shoah. Pour le philosophe, il faut en effet distinguer devoir d'histoire et devoir de mémoire. Si le premier rend ensuite possible le second, qu’il en est une condition, c'est parce qu'il instruit, parce qu'il amène à comprendre, à saisir le sens et les causes d'un événement aussi terrible que celui-ci. Mais renverser cet ordre, faire passer le devoir de mémoire avant l'instruction, revient à atrophier la raison de ses moyens d'analyse, de recherche distanciée, de développement de la conscience, de travail patient pour une citoyenneté et une humanité éclairées. Plus encore, c'est même menacer la condition du devoir de mémoire que de l’imposer au gré d’une mobilisation compassionnelle immédiate.
Ainsi, que des enfants de 10ans prennent sur eux, abruptement, la mort d'enfants juifs durant le génocide nazi, relève d'une faute contre l'esprit. A ce titre, n’est-ce pas aussi introduire de la confusion dans la fonction des enseignants et ouvrir la porte à la fièvre communautariste ? Pour le philosophe, c’est en tout cas méconnaître le fragile développement de l’esprit d’un enfant dont la raison bien instruite incline toujours le sentiment selon l’ordre de la vérité, donc finalement de la mémoire.


J.M.


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