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Dimanche 20 Avril 2014

 Lettre n°23: Editorial


   Comment peut-on être Persan ?



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 Mardi 25 Novembre 2008

 
"Je trouvais de mes portraits partout; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tant on craignait de ne m'avoir pas assez vu"


Non, nous ne sommes plus en 1712 et pourtant cette profusion d’articles en tous genres, d’analyses doctes ou non, d’à peu près incongrus, est générale. Passons, d’ailleurs, sur tout ce que des commerçants astucieux et habiles ont su créer et vendre à l’effigie de Barak Obama. Car tel est cet engouement actuel pour le futur président des Etats-Unis Il semble que nous vivions une suite naturelle aux Lettres Persanes. Aujourd’hui la différence n’est plus une affaire de costume, mais celle d’une couleur de peau. Imaginez vous, un noir ! (en fait un métis). Mais comment peut-on être Président et noir ? En paraphrasant Montesquieu, on montre qu’on peut être ridicule aujourd’hui comme hier.

On pourrait croire naïvement que la Constitution de notre actuelle République, 15ème en date!, par son rappel des valeurs humanistes qui caractérisait les fondateurs de celle de 1791, nous mettrait à l’abri des excès de communautarismes pernicieux. Et pourtant, nous assistons ces derniers temps à un déferlement caractérisé par les insistances à souligner les minorités visibles (article de Anne-Cécile Robert). Les dernières modifications de l’article1 avec ses ajouts explicites sur l’égalité des droits des hommes et des femmes prouvent combien la valeur symbolique de l’universalité a disparu de l’esprit de nos contemporains.

Certes, et ce n’est pas une de nos moindres contradictions, la France a été l’un des derniers pays à traiter sur un pied d’égalité l’homme et la femme, les deux composantes de l’être humain. Alors, comme pour rattraper le temps perdu, on force le trait. La démagogie actuelle et la communication qui font office de gouvernance entraînent des prises des postures à l’opposé des valeurs démocratiques Cette survivance de la honte et du mépris que représentait la traite des noirs au service des colons du Sud des Etats Unis transparaissait dans les discours du candidat du parti républicain. Un verrou a sauté avec la victoire de son adversaire, il faut s’en féliciter. Hélas, nous sommes loin cependant de l’esprit des trois rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies dont on va prochainement fêter le 60ème anniversaire (article de Gilbert Legay).

Tous ceux qui vivent tant bien que mal confinés dans des rôles subalternes depuis trop longtemps, ont soudain été remplis d’espérance par l’événement américain. Ils risquent de retrouver, une fois la fête terminée, une réalité économique sans réel changement (article de Allan Popelard).

Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ne doit plus être un article 2 vide de sens, mais l’épine dorsale d’une République réelle.





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