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 Lettre n°40: Note de lecture


   Les anti-Lumières. Une tradition du XVIIIème siècle à la guerre froide



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 Vendredi 25 Juin 2010

 La révolte contre les Lumières françaises, ou comme le précise l’auteur, franco-kantiennes, en référence au philosophe Emmanuel Kant, marque le point de départ des conservateurs. Ils nient, en effet, le rationalisme, l’émancipation, l’humanisme et l’universel. Pour l’historien Zeev Sternhell, si Herder et Burke sont les fondateurs des anti-Lumières, c’est avec Joseph de Maistre, Charles Maurras, Maurice Barrès, Ernest Renan, Edouard Drumont ou encore le comte de Gobineau, que se met en place, en France, une attaque profonde de l’autonomie du sujet, et de la démocratie. Car pour ces anti-Lumières, la femme et l’homme n’ont pas le droit de s’affranchir de la communauté, de la glèbe, ou de l’ethnie. C’est le « besoin de foi », et de « chef », qui constitue leur argument pour s’opposer aux Lumières. Ils réactivent une conception de l’histoire dépendante des critères ethniques, et raciaux, contrairement aux idéaux de 1789. Les anti-Lumières développent un nationalisme qui aboutit à la révolution conservatrice, au fascisme, au nazisme. Avec Carl Schmitt, ou Martin Heidegger, ils ont, encore aujourd’hui, une aversion pour la modernité, et fort souvent pour les Jacobins et Spinoza. Au fond, l’ouvrage est ainsi stimulant à lire, car il marque nettement une frontière entre libres-penseurs et conservateurs.

J.M.


 - Les anti-Lumières .Une tradition du XVIIIème siècle à la guerre froide , de Zeev Sternhell, 2010 (édition revue et augmentée), Gallimard "Folio Histoire", Paris, 942 pages, 12,40 euros







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