République !
Jeudi 30 Mars 2017

 Lettre n°52: Chronique de l'antirépublique


   Français, encore un effort pour devenir Républicains!



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 Mardi 18 Octobre 2011

 par Etienne Tarride


Cette apostrophe du marquis de Sade nous apparait s'appliquer pleinement aujourd'hui aux pratiques plus que discutables qui président aux différentes nominations auxquelles procède le pouvoir exécutif dans les grands corps et les grandes entreprises publiques. Le sentiment reste très fort qu'il s'agit là d'une survivance du système monarchique dont nous avons du mal à nous débarrasser.

A tout seigneur tout honneur, évoquons les nominations dites au "tour extérieur" dans les grands corps de l'Etat. Le principe en est justifié, selon les meilleurs ouvrages par la nécessité d'aérer un peu ces instances, Cour des comptes et Conseil d'Etat au premier rang, par des personnes qui ne soient pas les purs produits d'une filière d'études et d'une école aujourd'hui d'ailleurs souvent critiquée, l'ENA. Cette justification serait au moins recevable si les nominations ne concernaient que des individus disposant d'une compétence et d'une expérience indiscutables. Tel n'est assez souvent pas le cas, les individus nommés au tour extérieur se trouvant bien trop souvent être des amis du pouvoir en place, des anciens ministres, des anciens conseillers très proches de personnes évoluant tout près du soleil. Il peut arriver, au demeurant, que ces individus aient une compétence certaine, personne ne croit plus un instant que tel ait été le critère décisif.

De plus en plus souvent, les mêmes soupçons pèsent sur les promotions à l'intérieur des grands corps. Chacun constate que la proximité idéologique avec le pouvoir est de plus en plus décisive. Là est une raison majeure de la grogne, pour ne pas dire plus, qui s'élève dans certains corps, nous pensons en particulier à la magistrature qui admet mal certaines promotions incongrues.

Les grands corps admettent d'autant plus mal le système que ceux qui ont suivi la filière complète pour y entrer sont, beaucoup plus que d'autres écartés de la possibilité de toute promotion par faveur du Prince ou de toute nomination préférentielle selon les pratiques du tour extérieur.

A l'évidence, il n'existe que trois méthodes pour répondre aux protestations grandissantes qui menacent le système.
- Espérer qu'advienne enfin la République irréprochable. L'idée relève d'une dose excessive de naïveté, même si certains bateleurs ont pu en user.
- Organiser un contrôle extérieur au politique pour agréer toute nomination au tour extérieur ou toute promotion interne hors les règles admises par le corps.
-Supprimer le tour extérieur et réserver les grands corps à ceux qui ont suivi les filières de formation.

La première solution est une illusion, la troisième introduit une sorte de "règle d'or" rigide et donc absurde.

Il ne reste que l'organisation du contrôle, qui aura pour objet de faire constater que la personne nommée est peut-être un ami du pouvoir, mais aussi le titulaire d'une compétence indiscutable. Il serait peut-être souhaitable que les candidats aux prochaines présidentielles s'intéressent à cette question qui menace effectivement la République.

Cette question menace la République. Certes, nous répondra-t-on cette question est éternelle et persiste quelle que soit la couleur du pouvoir. Les nominations préférentielles ont subi, sous Nicolas Sarkozy un véritable saut qualitatif. On se souvient de l'affaire de l'EPAD, qui restera, selon nous, le tournant du quinquennat. Personne ne peut oublier les promotions de certains procureurs réputés amis du pouvoir. La Cour des comptes s'émeut d'une promotion en cours. Mais surtout la pratique a été bouleversée par les règles de la communication. Naguère, la pratique du passe-droit était autant que possible discrète parce que tenue quelque part pour honteuse. Elle est aujourd'hui proclamée et revendiquée. Etre l'ami du Prince est dans une monarchie un titre proclamé. Etre l'ami du Président devient une gloire. C'est un signe. Le signe de l'affaissement de la République.

Français, encore un effort pour redevenir Républicains.



Etienne Tarride


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