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Samedi 25 Avril 2015

 Lettre n°57: Note de lecture


   Le Consulat Sarkozy



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 Lundi 26 Mars 2012

 On savait que Nicolas Sarkozy avait particulièrement « abîmé » la fonction de président de la République et surtout renforcé la démocratie dans une crise idéologique et institutionnelle très grave. Mais on découvre, avec le juriste Dominique Rousseau, les raisons pour lesquelles il a également fait exploser la Ve République. En effet, il a voulu diriger la France, placer ses fidèles, imposer l’ouverture et ses conseillers particuliers (Guéant), déterminer à lui seul la politique du gouvernement et la Nation, se passer des contre-pouvoirs ainsi que transformer la fonction de Premier ministre en un rôle fictif. Il a, par ailleurs, perdu toutes les élections intermédiaires de son quinquennat (municipales et cantonales en 2008, régionales en 2010, sénatoriales en 2011) et cassé la plupart des institutions sociales ou du service public. Pour Dominique Rousseau, de telles conséquences ne sont pas sans produire de virulents effets boomerangs. La Vème République est maintenant démolie par l’un de ses défenseurs. Mais il est étrange qu’en voulant détruire le Parlement, des résistances ont fait que ce dernier s’est mis à retrouver progressivement une relative capacité de contrôle, qui lui avait été ôtée depuis 1958 par de Gaulle et Michel Debré. De même, par l’entrée en vigueur de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC), c’est la Constitution elle-même qui s’est mise à faire office de « bouclier civique » en redevenant, pour l’auteur, la chose des citoyens. Mais si le Consulat Sarkozy a produit de tels effets surprise, il n’en reste pas moins que la démocratie est toujours à reconstruire. Plusieurs propositions sont faites : nouvelle Constitution, suppression du ministère de la Justice et du Conseil d’Etat, créations d’un procureur général de la République et d’une grande Cour constitutionnelle autant que d’une Assemblée sociale. Mais, se demandera-t-on, n’est-ce pas là le rôle d’une Assemblée Constituante qui apporterait un tel retour à la case peuple et démocratie ?



Dominique Rousseau, Le Consulat Sarkozy, Odile Jacob, 2012, 190 pages, 19,90 euros


J.M.


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