République !
Jeudi 23 Mai 2013

 Lettre n°61: Un mot dans l'air du temps


   Vive les vacances, à bas...



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 Jeudi 05 Juillet 2012

 par André Bellon

Vacances. Le mot évoque repos, plages, mer. Et pourquoi se priver de cette évocation de période paisible, loin du lieu de travail ?

Mais vient aussitôt à l’esprit l’idée déplaisante de ceux pour qui vacances ne signifie rien, ceux qui n’ont pas de congés parce qu’ils n’ont pas de travail ou simplement ceux qui n’ont pas les moyens de partir. Mais il ne faut pas gâcher le plaisir. Les vacances permettent de découvrir le monde, des paysages inconnus, des civilisations différentes. Encore que…, comme disait l’autre, « Le tourisme est l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux ». Cette remarque serait de mauvais goût si nous n’avions pas parfois l’impression que nombre de touristes considèrent leur lieu de visite comme un enclave idyllique, découvrant parfois avec terreur qu’il y a là des risques de séisme ou même, comble de l’horreur, des gens qui souffrent et parfois se révoltent… y compris parfois aux dépends des touristes.

Pourtant, le dictionnaire nous apprend que vacant peut signifier disponible. Ce n’est effectivement pas l’image qui prédomine chez le touriste standard. Mais, fort heureusement, le même dictionnaire (petit Robert), nous apprend qu’il s’agit là d’un sens rare et relativement désuet.

La vacance est aussi une interruption, par exemple la vacance des tribunaux. Cela vaut mieux si on considère que la rentrée peut être relativement dense pour eux. Pour les collégiens en revanche, c’est la liberté.

De façon plus générale, on parle de « vacance du pouvoir ». Quand le pouvoir n’est pas là, il est apparemment à prendre. C’est, semble-t-il, le cas en Egypte. C’était le cas en France il y a quelques mois. Mais n’était-ce pas une illusion et cette vacance ne cachait-elle pas des pouvoirs moins apparents, souvent plus lointains, mais assez pérennes ? Bruxelles, FMI, opérateurs financiers,… ?

Bref, les vacances sont un intervalle entre deux périodes. Sont-elles identiques ? Seront-elles au contraire très opposées ? Continuité ou changement ? Mais, comme le disait André Malraux, « La Révolution, c’est les vacances de la vie ».


André Bellon


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