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Lundi 18 Décembre 2017

 Lettre n°67: Editorial


   Vive la liberté !



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 Jeudi 21 Février 2013

 Il faut reconnaître à l’époque que nous traversons une constante : la volonté de se présenter comme un gardien farouche de la liberté. Que celle-ci s’apparente plus à celle du renard libre dans le poulailler libre est aujourd’hui une évidence. Mais la chose devient plus grave encore lorsque le mot n’a plus aucun sens, lorsqu’il sert à justifier des évolutions particulièrement liberticides.


Ainsi, la Cour européenne des droits de l’Homme vient-elle au secours du Madarom, secte absurde dirigée, on s’en souvient, par le messie cosmoplanétaire, en condamnant l’État français qui veut lui faire payer des impôts ; mais la même Cour condamne ceux qui critiquent les convictions religieuses (voir article de Anne-Cécile Robert). Ainsi la liberté n’est-elle plus celle des Droits de l’Homme et du Citoyen, chère à la Révolution française, mais celle des communautés.


Dans le même temps, les lois territoriales successives restreignent peu à peu les libertés communales, suppriment les moyens financiers de ces collectivités et construisent, en particulier grâce au référendum prévu en Alsace, une vision du territoire fondée sur les communautés régionales et non plus sur les espaces de citoyens (voir article de Christian Berthier).


Toutes ces évolutions sont faites, bien entendu, au nom des grands principes de paix et de fraternité et l’Histoire est appelée à la rescousse pour les justifier. L’interprétation de l’Histoire devient ainsi un enjeu majeur. On a vu ainsi, ces derniers temps un déferlement d’enthousiasme vis-à-vis du traité de l’Élysée, censé être une des fondations principales de l’Union européenne. Contre vérité évidente (voir article de Gilbert Legay).


Chacune de ces questions apparaît comme un débat classique. Mais, si on les met bout à bout, il y a dans ces évolutions, dans la perte des sens des mots, dans l’interprétation apologétique de l’Histoire, dans le retour à la domination des groupes sur la liberté du citoyen, comme un parfum du livre « 1984 » d’Orwell.

La liberté n’est pas un vain mot qu’on peut adapter à toutes les sauces. Elle est un objectif de libération du citoyen, un instrument de sa capacité à agir dans la cité, bref le fondement de la République.





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