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 Lettre n°69: Note de lecture


   L’extinction des Lumières. Vers une dilution de la démocratie ?



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 Vendredi 26 Avril 2013

 Après s’être intéressé à la question de l’individualité privatisée et au dysfonctionnement de la démocratie, Olivier Starquit, qui coordonne les activités des Amis du Monde Diplomatique à Liège, renforce ici sa réflexion au détour des Lumières, des Indignés et d’une critique sérieuse du langage totalitaire néolibéral. L’endormissement du citoyen n’est jamais que momentané et la manipulation idéologique des classes populaires nécessite de résister par une remise à plat des stratégies démocratiques et des règles du jeu politique. La démocratie est en effet « mise à la diète » par des outils tels que la « gouvernance », la « société civile », le « storytelling management », et la technique du « consensus politique » européanisé, fort bien dénoncés et critiqués par l'auteur. Les médias et les entreprises de sondages n’en sont, bien sûr, pas peu responsables. Starquit livre un inventaire des machines de guerres médiatiques qui saturent l’espace symbolique pour infantiliser et rendre dociles les individus à une dictature larvée qui éteint les pari des Lumières et de la démocratie. Les travaux de V. Klemperer, G. Orwell, A. Bihr et E. Hazan lui permettent de s’appuyer sur un utile raisonnement de fond pour dépiéger le matraquage de la novlangue contemporaine qui a pour fin de « réaliser la politique par la suppression de la politique ». C’est ainsi que son recours aux Lumières est audacieux : face au « totalitarisme tranquille », les combats pour la raison, l’autonomie, la désobéissance civile, la souveraineté du peuple ou les droits de l’homme et du citoyen restent éminemment d’actualité.


Olivier STARQUIT, L’extinction des Lumières. Vers une dilution de la démocratie ?,(préface de Jacques Généreux), Territoires de la Mémoire, Liège, 2012, 139 pages, 7 euros


J.M.


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