République !
Dimanche 24 Février 2019

 Lettre n°7: Editorial


   Quand la démocratie s’invite sans y être conviée



  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte  Imprimer cet article  Version .pdf 

 Mardi 20 Mars 2007

 Voilà déjà deux fois, le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005, que le peuple français a dit son refus d’une démocratie sans choix, qu’il a exprimé sa volonté d’autre chose. Bien sûr, les brillants commentateurs ont, à chaque fois, plus critiqué les électeurs que cherché à éclaircir le sens de ces rejets. En particulier, les responsables politiques, par un comportement quasi dictatorial, fustigent le peuple de ne pas avoir eu de plan B après le référendum, feignant d’ignorer qu’il était de leur propre responsabilité d’en proposer un ou de démissionner.
L’élection présidentielle réaffirme ce mépris du citoyen : les premiers commentaires des journalistes, toujours plus à l’affût de reconnaissance sociale que d’analyses politiques, affirmaient doctement que, cette fois, ce serait un affrontement classique. Les responsables politiques abondaient dans le même sens : l’ineffable Pierre Moscovici avait même expliqué que « la seule surprise serait qu’il n’y aurait pas de surprise ».
Dans cette perspective, on publie comme d’habitude des sondages sans signification, on organise des débats insipides pour faire croire aux gens qu’on les écoute, bref on met en place l’arsenal habituel de désinformation et de conformisme imbécile. Par ailleurs, les médias se concentrent sur les affrontements entre groupes (ethniques, sexistes ou autres), histoire de faire oublier les difficultés sociales.
Tout cela est destiné, une fois de plus, à masquer la vraie question qui n’est une surprise que pour les sourds-aveugles qui prétendent nous diriger : la majorité des électeurs n’adhère plus à une vie politique morbide et illégitime ; elle rejette, en particulier, le condominium PS-UMP qui l’incarne et qui s’accroche au pouvoir par des moyens antidémocratiques. La montée de François Bayrou, la tentation de l’abstention et du vote blanc, sont des symptômes de ce rejet. Le peuple français, de façon de plus en plus nette, veut retrouver la parole qu’on lui a confisquée et en recherche les moyens. Le besoin d’une constituante se fait sentir, jour après jour, davantage. Qui saura répondre à ce besoin ? Ou comment imposer sa réalisation ? Le seul enjeu est de savoir si ce régime décadent qui se maintient par l’étouffement des classes populaires va survivre à l’élection.





  Autres articles


  Lettre n°29: Brèves
      La preuve par K

    Bernard Kouchner dans un entretien publié récemment par un journal (Le Parisien 10 mai 2009) déclare qu'il ne sait toujours pas pour quelle liste il votera lors du scrutin pour les élections européennes : on ne saurait mieux avouer que ni la droite ni la gauche se distinguent l'une de...[Lire la suite]


  Lettre n°30: Un mot dans l'air du temps
      Abstention

    par André Bellon



Dans son dernier discours de la campagne pour les élections européennes, François Fillon, utilisant avec morgue les méthodes de Monsieur de La Palice, a déclaré : « Dans une élection à un tour, celui qui gagne, c’est celui qui arrive en tête ». Nous nous épargnerons la remarque...[Lire la suite]


  • © MWebmaster 2006-2019 - Le Groupe République !