République !
Dimanche 24 Février 2019

 Textes Fondateurs


   Condorcet



  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte  Imprimer cet article  Version .pdf 

 Dimanche 08 Avril 2007

 


Pas de doctrine officielle


"On a dit que l’enseignement de la constitution de chaque pays devait y faire partie de l’instruction nationale. Cela est vrai, sans doute, si on en parle comme d’un fait ; si on se contente de l’expliquer et de la développer ; si, en l’enseignant, on se borne à dire : Telle est la constitution établie dans l’Etat et à laquelle tous les citoyens doivent se soumettre. Mais si on entend qu’il faut l’enseigner comme une doctrine conforme aux principes de la raison universelle, ou exciter en sa faveur un aveugle enthousiasme qui rende les citoyens incapables de la juger, si on leur dit : Voilà ce que vous devez adorer et croire, alors c’est une espèce de religion politique que l’on veut créer ; c’est une chaîne que l’on prépare aux esprits, et on viole la liberté dans ses droits les plus sacrés, sous prétexte d’apprendre à la chérir. Le but de l’instruction n’est pas de faire admirer aux hommes une législation toute faite, mais de les rendre capables de l’apprécier et de la corriger. Il ne s’agit pas de soumettre chaque génération aux opinions comme à la volonté de celle qui la précède, mais de les éclairer de plus en plus, afin que chacune devienne de plus en plus digne de se gouverner par sa propre raison.
Il est possible que la constitution d’un pays renferme des lois absolument contraires au bon sens ou à la justice, lois qui aient échappé aux législateurs dans des moments de trouble, qui leur aient été arrachées par l’influence d’un orateur ou d’un parti, par l’impulsion d’une effervescence populaire ; qui enfin leur aient été inspirée, les unes par la corruption, les autres par de fausses vues d’une utilité locale et passagère : il peut arriver, il arrivera même souvent qu’en donnant ces lois, leurs auteurs n’aient pas senti en quoi elles contrariaient les principes de la raison, ou qu’ils n’aient pas voulu abandonner ces principes, mais seulement en suspendre, pour un moment, l’application. Il serait donc absurde d’enseigner les lois établies autrement que comme la volonté actuelle de la puissance publique à laquelle on est obligé de se soumettre, sans quoi on s’exposerait même au ridicule de faire enseigner, comme vrais, des principes contradictoires."

Condorcet, Premier Mémoire sur l'instruction publique





  Autres articles


  Lettre n°9: Chronique de l'antirépublique
      Reprendre la Bastille ?

    par Gilbert Legay


Les partis de gouvernement, toutes tendances confondues, ont porté atteinte depuis quarante ans, volontairement ou non, à l’esprit et à l’intégrité des principes fondateurs inspirés par le Siècle des Lumières et par les réflexions, les idéaux et les combats de tous ceux qui depuis deux siècles ont lutté...[Lire la suite]



  Lettre n°34: Chronique de l'antirépublique
      L'art de faire parler ceux qui ne sont plus là pour répondre !

    par Gilbert Legay




Le 4 janvier 1960, une Facel Vega, conduite par Michel Gallimard, neveu de l’éditeur, percute un arbre de la nationale 5, au lieu-dit Le Petit-Villeblevin dans l’Yonne ; « la route était droite, déserte et sèche »(v. Jean Daniel, Soleil d’hiver). Michel Gallimard meurt après...[Lire la suite]


  • © MWebmaster 2006-2019 - Le Groupe République !