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<title>République! Groupe de réflexion sur les questions républicaines</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr</link>
<description>Groupe de réflexion sur les questions républicaines</description>
<item>
<title>Editorial: Revitaliser la République</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=59&amp;articlenum=859</link>
<description>Quelle chose étrange que l’élection présidentielle ! Des personnes qui s’affrontent, pas toujours sur leur programme, souvent sur des questions de caractère ou de « style ». Et puis, in fine, c’est le destin de toute une nation qui change de mains. Par l’ampleur des pouvoirs qu’elles confèrent au Chef de l’Etat, les institutions françaises sont sans doute les plus autoritaires du « monde libre ». Quelles que soient les qualités des individus - « &lt;i&gt;Le président que je serai ressemblera au candidat que je suis &lt;/i&gt;» a déclaré, de manière assez touchante (ou habile pour ses détracteurs), François Hollande – n’attend-t-on pas trop d’un seul homme ? Peut-il incarner tout un peuple, même s’il lui ressemble ? &lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Comme souvent, la campagne électorale a soigneusement évité d’aborder les questions cruciales : services publics, santé, école, construction européenne… Pourtant, l’histoire semble s’accélérer pour cette dernière : craquements dans la zone euro, tensions intergouvernementales, incertitudes des rapports avec Etats-Unis, rôle du couple franco-allemand, etc. Le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le Traité sur la stabilité et la gouvernance, qui visent à sceller l’austérité sur le Vieux Continent, semblent de plus en plus rejetés par les populations. Le résultat des élections législatives en Grèce le 6 mai 2012 le confirme. Les peuples seront-ils enfin entendus ? (&lt;i&gt;lire l’article d’André Bellon&lt;/i&gt;). On n’a pas davantage parlé de culture durant l’élection présidentielle. Mais quelle définition donnons-nous à ce mot, tiraillé entre crispations identitaires pour les uns et aspiration à l’émancipation humaine pour les autres ? L’idéal républicain doit, ici comme ailleurs, retrouver toute sa force libératrice et progressiste (&lt;i&gt;lire l’article de Jérémy Mercier&lt;/i&gt;).&lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Tout semble à remettre à plat dans une France fatiguée des inégalités sociales et en quête d’un nouveau souffle politique. Pour la première fois depuis des décennies, les corps intermédiaires, notamment les syndicats, ont été frontalement attaqués par un chef de l’Etat en exercice. Nicolas Sarkozy s’est même laissé aller à tenter un « contre-1er mai », place du Trocadero à Paris. Or la démocratie ne peut fonctionner normalement si les organisations de salariés et les associations ne sont pas reconnues et ne peuvent agir en paix (&lt;i&gt;lire l’article de Christian Berthier&lt;/i&gt;).&lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Rarement, la nécessité de revitaliser la République n’a été aussi nette. Rarement les circonstances n’ont offert un tel espace pour entreprendre cette mission.</description>
<author></author>
<pubDate>2012-05-21</pubDate>
</item>
<item>
<title>Un mot dans l'air du temps: La Culture</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=59&amp;articlenum=860</link>
<description>par &lt;b&gt;Jérémy Mercier&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;« &lt;i&gt;Les valeurs marchandes montent et descendent. &lt;br&gt;La valeur esprit ne cesse de baisser &lt;/i&gt;»&lt;br&gt;Paul Valéry&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;Oubliée littéralement de la campagne présidentielle alors qu’elle est lourdement attaquée par les pouvoirs publics, la culture, en tant que connaissance et pratique des Arts et des Lettres, est fort malmenée depuis plusieurs décennies. Retrouvera-t-elle un sens avec la fin heureuse du « sarkozysme » ? Espérons-le. L’épisode de la &lt;i&gt;Princesse de Clèves&lt;/i&gt;, conforté par la suppression de la culture générale, et une langue officielle vidée de tout sens ou proche du borborygme  (« &lt;i&gt;Cass’toi, pauv… &lt;/i&gt;», « &lt;i&gt;Zadig et Voltaire&lt;/i&gt; », pour ne rien citer des expressions aux noms d’oiseaux de Mme Nadine Morano) ont réussi à instiller, dans la société, la bêtise à visage découvert et une haine de la culture prononcée. On pourrait, dit-on, vivre libre sans. La France n’est pourtant pas Taiwan. Car si nous sommes largement dans une époque que Proust aurait qualifié celle des « célibataires de l’Art », notre École républicaine momentanément défaillante renforce gravement un tel état d’asphyxie intellectuelle dans la société qui brise le contrat social ; ce dont les médias ne sont, à leur tour, pas peu responsables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut lutter. Le temps du récit est aujourd’hui presque inexistant. Les références historiques s’amenuisent, la connaissance des clivages politiques essentiels également, et les œuvres ne font guère plus sens. Relire Proust, Beckett, Pic de la Mirandole, Baudelaire, Victor Hugo, Pasolini ou Fitzgerald, connaître des subtilités sur Géricault, Caravage ou de Vinci, Bach, Mozart ou Cavalli, savoir distinguer Jaurès de Clemenceau, Robespierre de l’abbé Pierre, offre pourtant un puissant moyen de résistance démocratique pour les plus jeunes. Résistance démocratique par la culture, d’autant plus importante durant la période actuelle d’impératif catégorique de nivellement des cerveaux conduisant au suicide des démocraties (pour reprendre un terme d’un ancien directeur du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, M. Claude Julien). Sera-t-il possible de renverser les choses ?
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Une schizophrénie est, dans le même temps, à l’œuvre : d’une part, en effet, la culture n’est plus promue ni développée par les institutions (en dépit, dira-t-on des Journées du Patrimoine, de la Fête de la Musique, des musées ou des subventions dites « budgétivores » accordées pourtant si parcimonieusement aux théâtres ou aux opéras). D’autre part, elle est rabaissée, rabotée, nivelée, (si elle n’est pas instrument de snobisme par des élites pourtant incultes) à tel point que l’Art et la lecture sont considérés comme des activités très intimidantes. L’époque est bel et bien à la « castration mentale » (B. Noël). Une telle situation d’acculturation est malheureusement renforcée par le mainstream et l’entertainment, la « culture de masse », venant « assortir » les peuples (La Boétie) et empêcher l’exercice de ce droit de l’homme fondamental qu’est le droit de tout individu à jouir de la culture et à avancer par elle (préambule de la Constitution de 1958, al. 13 ; UNESCO ; &lt;i&gt;Déclaration universelle des droits de l’homme&lt;/i&gt;, art. 27 ; Pactes de l’ONU). 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Cette évolution rétrograde a deux conséquences : 1) la médiocrité et le cynisme dans notre société ; 2) la perte de sens et d’histoire du citoyen.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Ainsi, si Godard parla un jour de la « Pepsi Generation », la nôtre et la prochaine sera-t-elle celle de la moquerie face à la connaissance ? Époque où on s’enthousiasme du futile et de l’inconsistant, sans savoir réciter un poème de Rimbaud ou distinguer Bruegel de Titien, Tintoret de Caravage. On parle dans le vide et, au final, on entre dans une époque où « &lt;i&gt;on n’y voit rien&lt;/i&gt; » (Arasse). Tout va vite, tout doit être spontané, exit la lenteur et la réflexion. « &lt;i&gt;Ah oui Vélasquez, ça me dit quelque chose, c’est un joueur de foot ?&lt;/i&gt; » (sic). Drame et effet boomerang ou « retour de flamme » : cette américanisation culturelle du monde par le mainstream s’est traduite par le monopole croissant sur les images, le langage et sur les rêves. In fine, sur les choix d’existence. Biopolitique culturelle. 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;C’est ce que l’on peut appeler, avec Jean-Marie Hordé, les misères du « Démocratiseur ». La beauté artistique n’est plus alors conquête, l’important réside dans la réponse donnée aux attentes du public, un opéra de 4 heures ne fait plus sens, ennuie, embête, parler des Fleurs du mal aussi et passer en salle &lt;i&gt;Nostra Signora dei Turchi&lt;/i&gt; de Carmelo Bene ne ramène plus personne. Les films de Straub n’en parlons pas. Tabucchi, tabou quoi ? Pessoa, intimidant et intranquile. Ah, la belle lurette…Alors qu’ils libèrent des puissances, des formes, des imaginations, du lexique, du recul sur la vie et de l’hospitalité sinon apprennent à sourire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a donc, dans notre société, un écrasement du sujet politique qui est mis en œuvre par les institutions quand la culture devient quantifiable, prisonnière des industries du divertissement et nivelée à son prix de revient. La doctrine néolibérale ne demandait pas mieux. Les classes populaires devraient restées aveuglées par le « facile » et se satisfaire de « peu ». Quand au ministère de la Culture et de la « Communication » (dont le terme n’a jamais plus disparu depuis 1997), ses cinq directions (archives ; musées ; musique, danse, théâtre, spectacles ; architecture, patrimoine ; livre), les DRAC et son fameux programme « Création » semblent à leur tour particulièrement défaillants. Les intermittents du spectacle pouvant pousser, à l’exemple italien contemporain, comme des fleurs sur du goudron. Autant dire, se contenter de survivre. 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Loin, bien sûr, de nous de vouloir faire revivre les salons de Mme de Lambert, du siècle des Lumières ou les « Mardis » de la rue de Rome (pourquoi pas cependant ?). Mais le raz-de-marée privatiseur et l’homogénéisation culturelle ont transformé la culture en équipement pour le loisir et la distraction : en entreprise de soumission, en désœuvrement généralisé, en démembrement du cerveau (Stiegler). Une nouvelle culture officielle s’est progressivement mise en place, avec le renforcement d’un accès très inégalitaire aux livres, au théâtre, aux musées, à l’opéra, pire à la langue française. Bourdieu avait raison sur la culture comme idéologie des classes dominantes et celles-ci ont donc gagné. Hélas. Au fond, Althusser aussi avait raison, en en parlant comme d’un « &lt;i&gt;appareil idéologique d’Etat&lt;/i&gt; ». C’est pourtant dans l’esprit des hommes, des citoyens que doivent être élevées, par les Arts et les Lettres, les défenses de la démocratie, de la République et de la paix (pour reprendre l’expression de l’acte constitutif de l’UNESCO, en 1946). 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Récemment, la disparition de Raymond Aubrac pouvait à ce titre passer pour insignifiante pour une part de la société. C’était oublier ce que déclarait ce dernier dans son appel à une véritable insurrection pacifique lancé lors des 50 ans du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; en 2004. Aubrac, résistant exceptionnel, fondateur du mouvement Libération Sud, membre de l’Armée secrète, arrêté avec Jean Moulin à Caluire en 1943 appelait de ses vœux : 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;«  &lt;i&gt;une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse, qui nous propose comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du CNR &lt;/i&gt;». 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;A quand ce souffle de culture et de décence ?</description>
<author>Jérémy Mercier</author>
<pubDate>2012-05-21</pubDate>
</item>
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<title>Chronique de l'antirépublique: Sus aux « corps intermédiaires » ?</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=59&amp;articlenum=862</link>
<description>par &lt;b&gt;Christian Berthier&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Par le passé, on a tenté de vendre aux Français l’Etat Total, l’Ordre Nouveau Corporatiste, la troisième voie socio-économiste, le néo-socialisme, les « ordres » de tous ordres, le combat contre la république des copains et des coquins et le Sénat économique et social. &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il s’agissait d’opposer un « pays réel » des «compétences» à l’inefficace «classe politique». &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Faute d’avoir, après d’autres, échoué à les intégrer, Nicolas Sarkozy l’ultra-moderne et  speedé hyper-président était parti à l’assaut des « corps intermédiaires ».&lt;br /&gt;
 &lt;br&gt;« Corps » indignes et chargés, selon lui, d’égoïsme et du mal-gouverner. Corps aujourd’hui origines de toutes ces dettes dont on sait plus si elles sont publiques ou privées.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Au passage, que le peuple puisse « se constituer en corps » dans une « république » ne pouvait qu’être une pensée perverse à combattre sans détour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Et les apôtres du male dominant de l’année de stigmatiser la multitude dès que celle-ci se piquait de sortir de son silence. Tour à tour, il s’agissait :&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;-	des élus du peuple&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;-	des « corps constitués » en la république&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;-	des « corporations » et autres « syndicats » repères des «égoïsmes économiques ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Mais jamais il ne fut question des oligarchies d’argent, de naissance, de pouvoir dans ou hors les frontières. Oligarchies fort dispendieuses de l’argent public et de l’épargne privée et dont le train de vie tapageur s’étale complaisamment sur les grands media.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Jamais ne fut dénoncé le principe thomiste de subsidiarité inscrit dans les tables de la loi de l’union européennes. Principe qui interdit aux citoyens, aux cités et aux nations de s’occuper de leurs problèmes. Principe qui transforme un élu par ses (de)mandants en un exécutant de directives contraires aux mandats reçus de leurs électeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Principe qui transforme le salarié, l’artisan, le travailleur individuel de producteur de services et de richesses en concurrent de tous les autres pour le coût minimum.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Au titre de ce déni du droit des gens à s’occuper de leurs affaires en fonction de les capacités, besoins et intérêts, citons :&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;-	les lois territoires qui privent les collectivités locales et les élus des moyens de remplir les mandats reçus des électeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;-	le tapage croissant en faveur du tirage au sort « électoral » d’irresponsables sans mandat précis vis a vis de leurs électeurs&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;-	la réduction drastique des fonctionnaires de tous statuts chargés de concrétiser les droits et de rendre aux citoyens et à leur famille les services publics finan,cés par les impôts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Pourtant, quand il faut éloigner le peuple et ses représentants des affaires qui les intéressent au premier chef, «  on » n’a pas hésité à créer de nouveaux « corps » de « représentants » à grand coup de modifications constitutionnelles. Ainsi, le sénat et les régions, des  « conseils économique et social », des représentants des « droits » de toutes natures, un parlement européen et un CES paravents de la toute-puissance des Bruxelles soumise sans contrôle à 6000 lobbies et 25 000 lobbyistes dûment enregistrés et intéressés par leurs petites affaires plus que par celles des 500 millions d’européens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Aujourd’hui, ces « corps » cesseraient d’être « intermédiaires » livrés à la dictature de la concurrence « libre et non faussée » si  leurs aspirations et leurs compétences étaient exprimées et prises en compte avec plus de justice par les délibérations démocratiques d’une Assemblée Constituante élue. Les associations et institutions représentatives des intérêts professionnels pourraient être refondées et rendues aux assemblées élues de leurs membres. Ainsi les bourses du travail, les vraies mutuelles, les caisses de sécurité sociale, les coopératives agricoles, les organisations d’entr’aide, les chambres des métiers et d’artisanat et toutes les  associations de la loi de 1901, cibles des attaques de l'Union Européenne.</description>
<author>Christian Berthier</author>
<pubDate>2012-05-21</pubDate>
</item>
<item>
<title>L'événement: Après l’élection, où est l’union européenne ?</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=59&amp;articlenum=861</link>
<description>par &lt;b&gt;André Bellon&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;A suivre la campagne électorale, on avait fini par croire que la question européenne n’existait pas ou de façon simplement marginale. Très peu de déclarations des candidats y avaient fait allusion.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;On finirait par croire qu’il n’y a pas de véritable enjeu et qu’on peut se passer de tout débat sérieux sur l’Union européenne. Il importe donc, maintenant que l’élection est terminé, de faire tranquillement le point. De traité en traité, la démocratie s’est estompée dans le brouillard d’une commission de Bruxelles plus symptomatique d’une usine à gaz que d’un lieu de débat politique. Les rares interventions des peuples contre tel ou tel texte ont été balayées d’un revers de manche par un pouvoir technocratique – soutenu par des élus loin des réalités populaires – sûr de ses principes et de ses recettes. Si les fameux marchés financiers pèsent si lourd sur la vie publique, c’est essentiellement parce qu’il n’a existé aucun contrepoids, parce que la volonté populaire dans les États membres est considérée au mieux comme un alibi, plus généralement comme une gêne.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il ne faut pas alors crier au loup en voyant monter l’extrême droite qui peut bâtir sur ce terreau tous les discours simplistes. C’est là la conséquence naturelle de ce mépris des citoyens et de leur souveraineté. Comme le dit la phrase célèbre, « il ne faut pas s’affliger des conséquences tout en s’accommodant des causes ».&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;La construction « européenne », projet marqué -paraît-il- à l’origine par la volonté de paix, est devenu peu à peu un instrument d’asservissement des peuples au bon fonctionnement de l’économie de marché, au service des intérêts de quelques-uns. Les derniers textes signés par Sarkozy, en particulier le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG), visent à enlever aux parlements nationaux les bribes de pouvoir budgétaire qui subsistaient encore. Il importe évidemment de se mobiliser pour que le nouveau pouvoir élu en mai/juin ne ratifie pas le dernier en date.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Nous sommes à un tournant.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;   Tournant social où les citoyens, de plus en plus nombreux, réagissent contre ce Léviathan que représente un projet « européen » plus proche de Wall Street que des urnes, ignorant leurs aspirations autant que leur vie quotidienne. Les élections en Grèce ont montré la volonté des électeurs. Les difficultés de ces derniers, déjà enserrés dans un carcan de règles antisociales, sont encore accentuées par l’incurie des principaux responsables nationaux qui ne font, depuis quelques années, que justifier les dégradations successives au nom d’obligations qu’ils ne cherchent aucunement à surmonter. L’affaire Arcelor Mittal fut d’autant plus révélatrice de leur lâcheté qu’elle s’est accompagné d’un discours prétentieux sur le rôle éminent de la France.&lt;br /&gt;
 &lt;br&gt;&lt;br&gt;  Tournant géopolitique aussi où la cohésion de l’Union européenne est confrontée aux défis d’un monde en recomposition, où les divergences d’intérêt commencent à l’emporter sur les convergences liées à un espace atlantique en perfusion avancée.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;L’élection d’une assemblée Constituante est alors non seulement la réponse démocratique, mais aussi la manière la plus efficace de faire face aux enjeux. La mobilisation des travailleurs et des citoyens est alors non seulement un cri face à leurs souffrances, mais la manifestation concrète de la nécessité de réaffirmer l’intérêt général et l’existence de leurs droits.</description>
<author>André Bellon</author>
<pubDate>2012-05-21</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: Quand Allegre veut nous faire mourir de rire</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=59&amp;articlenum=863</link>
<description>Claude Allegre dont la seule compétence a été, jusqu'alors, de chercher à détruire l'éducation nationale, a décidé de soutenir Nicolas Sarkozy.&lt;br /&gt;
                           Soutien de poids qui serait passé inaperçu tant le personnage est insignifiant s'il n'avait pas fait dimanche soir une étonnante déclaration au meeting de Sarkozy. Voulant répondre aux accusations de dérive vers l'extrême droite du Président sortant dont tout le monde a remarqué les appels du pied au Front national, il a déclaré, parlant de lui-même, que &quot;sa seule présence était une garantie que la démocratie était en bonnes mains&quot;.&lt;br /&gt;
                           Les volcans, dont on prétend, dans certains cercles, qu'il est spécialiste, ont du vomir leur lave à force de se tortiller de rire.</description>
<author>A.B.</author>
<pubDate>2012-05-21</pubDate>
</item>
<item>
<title>Note de lecture: L'humanité en perdition</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=59&amp;articlenum=864</link>
<description>Dédié à la mémoire du « plus grand économiste français, opposant obstiné au libéralisme mondial », Claude Grusson, cet ouvrage du polytechnicien Claude Laigle essaie de révéler l’essentiel sur le coup de force qui a complètement instauré, en 1973, le libre-échange généralisé. Il montre avec efficacité comment la mondialisation libérale est une impasse économique, sociale et écologique avec des archives fournies à l’appui. Très renseigné, l’auteur prend le parti de dénoncer la main mise des milieux d’affaires américains conservateurs qui ont été développés par la Commission Trilatérale et David Rockfeller. Ce dernier, pour Claude Laigle, devrait être traduit devant une juridiction internationale comme la Cour Pénale Internationale, tant il est à la cause, par ses doctrines économiques, d’une destruction de l’humanité. Le monde est en effet de plus en plus radicalement scindé en deux avec le libre-échange. Les inégalités et les disparités ont explosé et Claude Laigle rappelle aussi que les ressources naturelles sont en voie d’épuisement. Peut-on compter sur la réaction des États ? A bien comprendre l’auteur, les élites nationales sont coupables de trahison (le traité de Lisbonne en est un exemple, etc.) et les États ne sauraient, seuls, pallier tous les méfaits de la mondialisation néolibérale, de la concurrence, du chômage de masse ou de la déflation salariale. Depuis 1973, en effet, un coup de force faustien a instauré et verrouillé le libre-échange (avec ensuite le Consensus de Washington, l’OMC…). Aujourd’hui, il convient de retrouver l’humanisme et d’éviter une catastrophe planétaire en construisant les Etats-Unis d’Europe. Mais faut-il pour cela, comme le propose Claude Laigle, admettre que le clivage droite-gauche n’est plus pertinent ? Pas si sûr.&lt;br /&gt;
      &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;b&gt;Claude Laigle&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;L’humanité en perdition&lt;/i&gt;, Edilivre, 2012, 171 pages&lt;br&gt;</description>
<author>J.M.</author>
<pubDate>2012-05-21</pubDate>
</item>
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