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<title>République! Groupe de réflexion sur les questions républicaines</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr</link>
<description>Groupe de réflexion sur les questions républicaines</description>
<item>
<title>Editorial: L'arbre qui cache la forêt</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=55&amp;articlenum=829</link>
<description>En application de la stratégie de diversion, l’habitude est prise depuis longtemps d’occuper l’actualité avec des informations d’importance secondaire dans le but de distraire les citoyens des sujets importants qui les concernent. Ainsi, à la télévision, le moindre fait divers banalement quotidien (agression, accident…) ou répétitif comme les saisons (la neige, les inondations, les départs en vacances, la rentrée des classes…) constitue le point fort lors des bulletins, dits d’information, au détriment des grands problèmes qui agitent le monde et qui déterminent notre avenir !&lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Ainsi, fallait-il donner une telle importance  à l’affaire  Jacques Chirac pour des faits concernant des emplois fictifs à la Mairie de Paris ? Pouvait-on rendre bonne justice sur un sujet datant de dix-huit ans, sans même que les raisons d’un tel retard soient évoquées et justifiées ? Pas étonnant que l’action de la justice et l’annonce du verdict aient suscité de nombreux commentaires contradictoires. Quelques-uns ont trouvé incongrue une condamnation avec sursis, prononcée contre une personnalité dont les sondages démontreraient qu’il demeure encore très sympathique pour les Français. &lt;br&gt;Certains même affirment qu’il a mené à bien  « &lt;i&gt;nombre de réalisations heureuses pour le pays&lt;/i&gt;i&gt; »… Appréciation contestée par d’autres qui jugent nuls et sans relief les deux mandats chiraquiens !&lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Beaucoup  ont estimé qu’aucun  élu, fut-il Président de la République, ne pouvait se soustraire à la loi commune ; il devait être jugé comme tout citoyen, surtout pour des actes relevant de la petite combine au profit d’intérêts particuliers, et non du seul intérêt général (article premier : &lt;i&gt;La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion&lt;/i&gt;). Chaque élu de la République se doit d’être irréprochable dans la conduite des affaires publiques et surtout quand il agit au niveau le plus élevé. « &lt;i&gt;L’exemple vient d’en haut&lt;/i&gt; » dit l’adage et l’exemplarité  doit être la règle pour tous ceux qui sont élus pour organiser la vie de la cité … S’il est nécessaire de protéger les représentants de la Nation des rumeurs, de la calomnie et des coups fourrés, rien ne justifie un statut pénal particulier ou l’immunité,  qui ne peuvent qu’inciter aux écarts.&lt;br /&gt;
        &lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Mais l’arbre des emplois fictifs ne doit pas cacher la forêt des atteintes à l’édifice républicain qui se sont multipliées ou sont en voie de mise en œuvre (et qui justifient le recours à la stratégie de diversion). Il suffit de passer outre à certaines dispositions de la Constitution, ou d’en inventer de nouvelles, pour y parvenir. Ainsi il a été possible de ne pas respecter le verdict du référendum de 2005, de privatiser insensiblement certains services publics pour la plus grande joie des actionnaires et la désolation des contribuables qui vont éponger les augmentations annoncées… Tout cela au mépris du principe énoncé dans l’article 3 : «  &lt;i&gt;La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par voie du référendum. Aucune section du peuple, ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice… &lt;/i&gt;». &lt;br&gt;&lt;br&gt;Il est évident que pour gagner du temps il vaut mieux demander à une majorité obéissante de voter et ainsi, éviter le recours au référendum, lequel pourtant est bien prévu pour cela, comme l’énonce la loi du 4 août 1995 : «  &lt;i&gt;Le Président de la République (… ) peut soumettre au référendum tout projet de loi portant …sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent (…) et qui, sans être contraire à la Constitution aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions&lt;/i&gt; ». A ce jeu les représentants d’une majorité  sont plus dociles que les citoyens !&lt;br /&gt;
        &lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Au prétexte de « &lt;i&gt;faire vivre le débat public &lt;/i&gt;» et d’empêcher «&lt;i&gt; des élus de verser dans des dérives communautaristes &lt;/i&gt;», de nouvelles menaces planent sur la laïcité, par la recherche d’« accommodements » avec la loi républicaine (&lt;i&gt;lire l’article de Loïc Gourdon&lt;/i&gt;). Alors que commence l’expérimentation des citoyens assesseurs (tirés au sort) devant le Tribunal Correctionnel, il sera intéressant de savoir ce que la Justice gagnera à cette innovation (&lt;I&gt;lire l’article d’Etienne Tarride&lt;/I&gt;).&lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;Au nom de la primauté des lois européennes sur les lois nationales, au prétexte de transfert de compétences ou, suprême hypocrisie, de souveraineté partagée, le peuple n’est plus consulté mais souhaite reprendre le pouvoir… Comment pourrait-il y parvenir ?(&lt;I&gt;lire l’article de Christian Berthier&lt;/I&gt;).&lt;br /&gt;
        &lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;L’actualité récente nous fournit un autre exemple de cette pratique de la stratégie de diversion : la perte du triple A et l’écho qui sera accordé à l’événement va amplement occuper les médias et masquer les erreurs successives de nos gouvernants, la forêt des promesses non tenues, des diagnostics erronés, des rejets de la responsabilité sur les autres (l’opposition ou le peuple) dans le seul but de faire oublier le piège du Traité de Lisbonne et la complicité de ceux qui l’ont voté… &lt;br&gt;&lt;br&gt;Ceux qui nous ont conduit vers l’abîme demandent au peuple d’assumer les conséquences de leur soumission à la loi du marché et de leurs trahisons de la souveraineté nationale !.. Mais nous reviendrons sur le sujet !</description>
<author></author>
<pubDate>2012-01-20</pubDate>
</item>
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<title>Un mot dans l'air du temps: &quot;Assemblées communales&quot;</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=55&amp;articlenum=830</link>
<description>par &lt;b&gt;Christian Berthier&lt;/b&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il n’est plus possible de parler &quot;du peuple&quot; en général sans parler de sa volonté de reprendre le pouvoir. Cette volonté résulte de la situation intolérable qui lui est faite, de l’impuissance des « sortants » à améliorer cette situation. Elle s’est traduite paradoxalement par une abstention politique répétée et croissante.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Sans contenu clair d'aller vers le pouvoir pour résoudre ses propres problèmes, l’invocation du « peuple » devient une imploration...apolitique. 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Les Français ont maintenant une longue expérience des faux-semblants politiques et des « oppositions » qui fondent au soleil de l’exercice d’un pouvoir d’état et de la continuité forcée de ses politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;En fait, c’est dès 2008 qu’il aurait fallu appeler à la dissolution d'un parlement sans mandat, car aucun parti n'avait soumis ses propres solutions concrètes à une crise qui a éclaté après les législatives de 2007.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;L'immense majorité du peuple est bien au courant des enjeux vitaux pour elle-même. C'est pour cela qu'elle a voté NON en 2005 et s'est abstenue ensuite. &lt;br /&gt;
Le « peuple » n’en pense pas moins, car il souffre de plus en plus.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Les événement du &quot;monde arabe&quot; montrent aussi à tous, qu'il est possible que, demain, ce même peuple se mette en mouvement par dessus tous les partis et avec ceux qui le suivront et lui seront utiles.&lt;br /&gt;
Urgents et opportuns, l'élection et les travaux d'une constituante &quot;souveraine&quot; n'ont pas les mêmes rythmes que la question du pouvoir, d'un gouvernement d'urgence - sans doute lui aussi élu.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il faudra défendre cette Constituante pour qu’elle puisse délibérer. Il faudra prendre des mesures exécutives et financières urgentes pour toute la France et toutes ses collectivités locales. &lt;br /&gt;
En effet, le peuple n’est pas une abstraction nationale. Les citoyens et les famille gardent un ancrage où ils vivent, dans une commune et dans une politique de proximité. &lt;br /&gt;
Or, les « lois territoires » et la RGPP ont entrepris de détruire cet ancrage au profit des régions et de l’état. 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Comment un élu et ses électeurs peuvent-ils accepter de voir se recroqueviller leurs mandats par la grâce du Prince et de ses « dettes » ?&lt;br /&gt;
Dès que la contestation des institutions de la 5eme république sera d’un niveau tel (ce peut être dès le printemps 2012) qu’elle posera la question de sa légitimité, la renaissance des « assemblées communales » (ou de « paroisse » en 1789-1791) sera à l’ordre du jour.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Ces assemblées communales sont en germe dans les référendums contre la réforme de la Poste organisés, malgré les injonctions des préfets, par des milliers de municipalités en octobre 2009 et finalement étouffés par les organisateurs.&lt;br /&gt;
C'est le peuple qui se met en mouvement pour exercer son pouvoir et pas seulement &quot;les maires&quot; que la Vème République a tout fait pour séparer de leurs conseillers municipaux et de leurs « administrés » Par les « lois territoires » leurs mandats sont devenus irréalisables.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;La ré-émergence de ces assemblées communales est aussi inscrite dans l’effondrement sur le plan local des structures syndicales et associatives fédérées, de sorte que c’est vers le conseil municipal que se tournent les citoyens frappés le plus durement par la crise et les contre-reformes.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il est impossible actuellement de savoir quelles formes prendront ces « assemblées communales » dans le cadre des villes moyennes et métropoles. C’est d’un grand intérêt car c’est autour d’elles que se structurent l’action et l’unité de l’Etat. « Conseils de quartiers » ou « d’arrondissements », « comités de la Libération », comités d’administrations, services publics, entreprises. Il est impossible de prévoir une forme unique qui tienne compte de l’histoire de chaque ville et des problèmes urgents auxquels sont confrontés leurs habitants.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Ainsi, et pour mémoire, les dizaines de « Communes » qui ont surgit pendant quelques semaines en 1871 dans les villes de France avaient adopté des formes très diverses.</description>
<author>Christian Berthier</author>
<pubDate>2012-01-20</pubDate>
</item>
<item>
<title>L'événement: Les jurés en correctionnelle</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=55&amp;articlenum=831</link>
<description>par &lt;b&gt;Etienne Tarride&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;L'introduction même à titre expérimental de jurés devant le Tribunal correctionnel participe d'une politique très négative pour la Justice de ce pays.&lt;br /&gt;
      &lt;br&gt;Aucune mesure nouvelle ne comporte que des avantages ou que des inconvénients. En mesurer l'opportunité suppose d'essayer de déterminer les uns puis les autres et de peser ensuite les poids respectifs du pour et du contre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;b&gt;Quels sont les avantages de l'introduction des jurés en correctionnelle ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;&lt;br&gt;Rapprocher la justice du peuple nous dit-on. Il est possible d'en douter fortement, et d'abord parce que les Jurés populaires seront tirés au sort, ce qui ne leur confère à l'évidence aucune légitimité ni aucune représentativité. La légitimité et la représentativité ne sauraient en effet être le fruit d'un pur hasard. Ce qui rapproche la Justice du peuple reste le caractère public des audiences. Tout citoyen français peut assister aux audiences ou, plus précisément devrait pouvoir. Aujourd'hui, et par crainte d'attentats, tout est fait pour les en dissuader. Entrer dans un Palais de Justice pour qui n'est ni magistrat ni avocat ni personne convoquée relève de la patience la plus infinie. Les précautions sont nécessaires sans doute, mais ce n'est pas par la présence de deux personnes tirées au sort que la publicité des débats sera rétablie.&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;Les jurés populaires sanctionneront plus sévèrement les malfrats, pensent certains. Il s'agit là d'une opinion toute faite que rien ne démontre. Tous ceux qui ont plaidé devant une cour d'assises ou qui ont été jurés savent que les citoyens ne sont ni plus ni moins répressifs que les magistrats professionnels. Ils sont plus sensibles à l'émotion que l'avocat qu'il soit en défense ou en partie civile sait dégager. Ce n'est pas nécessairement une garantie de justice équitable et sereine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;b&gt;Quels sont les inconvénients ?&lt;/b&gt; &lt;br&gt;&lt;br&gt;Ils sont tangibles et certains.&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;Les délais de comparution se trouveront largement augmentés. Expliquer une affaire à des magistrats professionnels qui ont déjà eu accès au dossier prend infiniment moins de temps que de l'exposer clairement à des citoyens sans expérience et n'ayant pas lu les pièces. En une demi-journée des magistrats professionnels peuvent statuer sur une dizaine d'affaire. La présence des jurés réduira ce rythme d'au moins cinquante pour cent. Il se constituera donc un stock d'affaires à traiter qui augmentera les délais de comparution. Les premiers à s'en plaindre à juste titre seront les victimes d'infraction qui attendront infiniment plus longtemps Justice et réparations.&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;Les affaires à forte coloration juridique échapperont naturellement aux audiences citoyennes. Il ne suffit pas de bon sens pour statuer sur des affaires de fraudes fiscales ou douanières, d'abus de bien sociaux ou de détournement de biens publics. Peut on vraiment croire que c'est un hasard si la délinquance en col blanc échappera aux pratiques nouvelles ? Quand la Justice n'est plus commune, elle favorise toujours les puissants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;&lt;br&gt;En réalité, l'introduction de citoyens en correctionnelle est un moyen parmi d'autres d'en finir doucement mais sûrement avec le pouvoir Judiciaire, ou plutôt ce qu'il en reste. Il s'agit d'écarter les Juges. Nous en voulons pour preuve que parallèlement à l'introduction en correctionnelle de citoyens tirés au sort, il est question de confier aux notaires plutôt qu'aux Juges le soin de statuer sur les conséquences matérielles des divorces et séparations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
     &lt;br&gt;&lt;br&gt;On pourra me répondre que des jurés tirés au sort siègent déjà en Cour d'Assises pour les infractions les plus graves. Cette présence était totalement nécessaire quand existait encore la peine de mort. On peut la trouver beaucoup moins nécessaire aujourd'hui. Là est peut-être la vraie réforme à entreprendre.</description>
<author>Etienne Tarride</author>
<pubDate>2012-01-20</pubDate>
</item>
<item>
<title>Chronique de l'antirépublique: Pauvre Jaurès !</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=55&amp;articlenum=832</link>
<description>par &lt;b&gt;Loïc Gourdon&lt;/b&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br&gt;La &lt;i&gt;Fondation Jean Jaurès&lt;/i&gt; dont la vocation consiste à : « &lt;i&gt;faire vivre le débat public et rénover la pensée socialiste&lt;/i&gt;» a rendu public, le 11 décembre 2011 un guide de la Laïcité « &lt;i&gt;afin que des élus ne versent dans des dérives communautaristes face à des demandes identitaires&lt;/i&gt; ».
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Ainsi, Dounia Bouznar, directrice de Cultes et Cultures Consulting, propose-t-elle aux décideurs : une « &lt;i&gt;gestion managériale dépourvue de subjectivité..&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Au total 167 pages, rappels des textes de Loi, de recommandations autour de l’application rénovée de la Loi de 1905 : gestion des lieux de culte, associations, demandes de non mixité, financement des établissements d’enseignement privé, restauration scolaire, cimetières. Notons que le Cabinet Bouzar a travaillé sur la « &lt;i&gt;laïcité in concreto&lt;/i&gt; » avec les élus et les équipes techniques de 7 grandes villes dont Nantes et Paris. 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Ces « pratiques novatrices » renvoient à ce que le Parti Socialiste  appelle « &lt;i&gt;Gestion Pragmatique des Cultes&lt;/i&gt;» qui consiste à privilégier les « &lt;i&gt;réponses structurelles afin de dépasser les questions ponctuelles souvent prises dans l’urgence d’un rapport de forces&lt;/i&gt; ». 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Le débat s’ouvre sur la question cruciale : maxi minaret, mini minaret, minaret comme le clocher de nos campagnes fondu dans nos paysages. Pour trancher l’affaire, le guide appelle évasivement à la rescousse le &lt;i&gt;Code de l’Urbanisme&lt;/i&gt;. Si nécessaire « &lt;i&gt;on pourra maximaliser l’espace&lt;/i&gt; » c’est dire concéder gratuitement une portion d’espace communal via « &lt;i&gt;la servitude de cours communes&lt;/i&gt; » (articles L. 451-1) sans recourir à un nouveau bail emphytéotique pour l’utilisation du terrain, « &lt;i&gt;comme ça, la mosquée gagne du terrain explique un maire&lt;/i&gt;».
 &lt;br&gt;&lt;br&gt;Vient ensuite le nœud gordien ou le savant dosage entre cultuel et culturel, la partie de bonneteau entre la Loi de Séparation et la Loi sur les Associations. Ainsi peut- on lire page 37, à propos de l’Institut des Cultures d’Islam de Paris : « &lt;i&gt;des espaces polyvalents pourront être loués ponctuellement à l’association cultuelle par l’association culturelle le vendredi et lors des grandes fêtes religieuses musulmanes…&lt;/i&gt; » Il ne s’agit donc plus de réfléchir en termes d’espaces exclusifs mais en termes d’usage. Le temps des sophistes serait- il revenu ? &lt;br /&gt;
Après le droit d’intérêt local voici la sacralisation de l’espace à temps partiel. 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Travaux pratiques : le maire du XVIIIème arrondissement de Paris projette de construire un lieu 2/3 culturel au titre de la loi de 1901, 1/3 cultuel au titre de la loi de 1905 et qu’une cloison amovible serait dressée entre ces deux fractions d’immeuble. Cloison amovible qui serait effacée pour permettre aux célébrations du culte de s’étendre sur la partie culturelle lorsque les fidèles afflueraient en très grand nombre. Chacun appréciera. &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;On s’appuiera sur le &lt;i&gt;Code Général des Collectivités Territoriales&lt;/i&gt; et notamment l’article ouvrant droit aux déductions fiscales sur l’impôt consenties à une association cultuelle construisant un édifice cultuel ou créant une fondation d’intérêt présumé public, libéralité dont s’est emparée, parmi d’autres, l’intégriste Fondation Saint Matthieu. Le dit &lt;i&gt;Code&lt;/i&gt; permet aussi de bénéficier d’une garantie d’emprunt de la commune ou du département et autorise les associations cultuelles à percevoir des dons entre vifs. Conclusion : au fil des ans le législateur a mis en place les outils législatifs qui permettent de passer outre à l’article 2 de la Loi de 1905, il est bon de le savoir.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Ce guide vient bien tard car de nombreux élus de toutes obédiences politiques ont anticipé et largement puisé dans la boîte à outils. La Loi de 1901 dispose qu’en matière de liberté de réunion les associations doivent déclarer en Préfecture un objet social limité à un but précis « &lt;i&gt;que l’association ne peut être subventionnée par l’État que si son objet n’est pas cultuel&lt;/i&gt; ». &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;En matière de financement des établissements d’enseignement privés, le guide se contente de rappeler la législation en vigueur et d’en faire l’historique. S’il condamne la loi Carle, il se garde bien de rappeler à la règle d’or les élus de la république : « &lt;i&gt;Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’Ecole privée&lt;/i&gt; » à laquelle devraient se conformer les élus de la République :  « &lt;i&gt;fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’Ecole Privée&lt;/i&gt; ».
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Pour ce qui est de la restauration scolaire objet de controverses après rappel de la circulaire ministérielle de décembre 2010 qui dit que : « &lt;i&gt;le service de restauration scolaire ne présente pas de caractère obligatoire car il ne s’agit pas d’une obligation liée au service public et que ses modalités de fonctionnement sont rappelées dans le règlement général. Aucune obligation de prévoir des plats de substitution en raison de pratiques d’ordre confessionnel ne saurait contraindre les collectivités.&lt;/i&gt; ».
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Au lieu de s’en tenir à cette mesure de bon sens  le guide conseille : «&lt;i&gt; selon les conditions locales, si la prise en considération des pratiques religieuses parait nécessaire aux représentants de la collectivité ; le critère dont ils disposent est la compatibilité entre l’intérêt particulier et l’intérêt général&lt;/i&gt;». Modèle proposé, comme à Lyon, après d’âpres discussions quelque peu byzantines avec les représentants des cultes : menu complet sans viande pour tout le monde «&lt;i&gt; de sorte à ne pas faire de la cantine une somme de communautés&lt;/i&gt; ».
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Si la législation sur les cimetières régis par un monopole communal assure le principe d’égalité devant la mort et interdit les regroupements confessionnels, ces dispositions sont néanmoins contredites par la Circulaire du 19 février 2008 qui autorise l’inhumation dans  « &lt;i&gt;l’espace regroupant les défunts d’une même confession en prenant soin de respecter les parties communes&lt;/i&gt; » … En clair, vive le communautarisme post mortem !
&lt;br&gt;&lt;br&gt;En résumé sous une forme aussi lisse que jésuitique il nous apparait que la &lt;i&gt;Fondation&lt;/i&gt; tourne le dos à la pensée laïque du grand Jaurès, là se trouve peut-être, de l’aveu même de cette institution, un aspect de « &lt;i&gt;la rénovation de la pensée socialiste&lt;/i&gt; ». En tout état de cause, il est patent que les conseils donnés aux élus s’apparentent plus à l’accommodement qu’à la défense de la loi républicaine.</description>
<author>Loïc Gourdon</author>
<pubDate>2012-01-20</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: Les actualités de l'Association pour une Constituante</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=55&amp;articlenum=833</link>
<description>Retrouvez sur le site de l'Association (&lt;a href=&quot;http://www.pouruneconstituante.fr/&quot;&gt;http://www.pouruneconstituante.fr/&lt;/a&gt;) ses plus récentes activités : entretien d'André Bellon à radio Aligre sur la crise de la démocratie, diverses réflexions critiques sur la Constitution (Roland Weyl, Patrice Etave), de nouvelles doléances sur lesquelles appuyer la convocation d'une Constituante et des brèves sur la Tunisie et l'activité régulière de nos Cercles locaux.&lt;/p&gt;</description>
<author></author>
<pubDate>2012-01-20</pubDate>
</item>
<item>
<title>Note de lecture: Manuel de socialismes par gros temps</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=55&amp;articlenum=834</link>
<description>&quot;&lt;i&gt;Les nuées s'amoncellent et c'est la lumière qu'on chicane&lt;/i&gt;&quot;. C'est en partant de cette phrase de Jean Jaurès que l'anthropologue Jean-Pierre Warnier décline au pluriel, tel en un abécédaire, le socialisme par le &quot;gros temps&quot; actuel, celui du néolibéralisme. Le vent du libéralisme souffle en effet, et les orages se multiplient, détruisant les programmes de gauche sur leur passage (depuis celui du Conseil National de la Résistance). D'où l'utilité d'un tel &lt;i&gt;Manuel&lt;/i&gt;, d'un style fin et sérieux, qui repose la question de l'histoire, des pratiques et des thèmes socialistes. De la Révolution bolchévique à Keynes, d'une analyse critique de la globalisation et de la novlangue, à une réflexion sur l'Etat providence, la valeur et le travail, cet ouvrage dresse, en détail, un inventaire des idéaux progressistes comme des attaques contre les objectifs de gauche, dont l'Europe n'est pas peu responsable. Mais par cet inventaire où l'auteur ne cesse de critiquer avec raison la collusion du pouvoir politique et de l'argent, le lecteur pourra plus particulièrement prendre conscience d'une démocratie aujourd'hui confisquée. La reconstruire peut passer par les grands courants de gauche (communistes, socialistes, libertaires, écologistes). Mais pourquoi pas par la convocation d'une Assemblée Constituante ? &lt;br /&gt;
      &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;b&gt;Jean-Pierre Warnier&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;Manuel de socialismes par gros temps&lt;/i&gt;, Téraèdre, 2011, 204 pages, 18€&lt;br&gt;</description>
<author>J.M.</author>
<pubDate>2012-01-20</pubDate>
</item>
</channel>
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