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<title>République! Groupe de réflexion sur les questions républicaines</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr</link>
<description>Groupe de réflexion sur les questions républicaines</description>
<item>
<title>Editorial: Que vive la parole publique !</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=620</link>
<description>«&lt;i&gt;La confiance ne se décrète pas ! &lt;/i&gt;» &amp;#8230;Elle se fonde, se construit, se prouve !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Le pouvoir actuel, obsédé  par les « réformes » et la « modernisation », cède à son irrépressible envie de créer une nouvelle loi chaque fois qu&amp;#8217;un événement de l&amp;#8217;actualité trouble, mobilise ou scandalise l&amp;#8217;opinion. La Une des différents journaux et les bulletins d&amp;#8217;information des radios et des chaînes de télévision sont alors investis, pour donner toute l&amp;#8217;ampleur souhaitée à l&amp;#8217;événement et aux réactions gouvernementales qu&amp;#8217;il suscite. Mais notre arsenal législatif ne dispose pas encore d&amp;#8217;une loi pour rendre la confiance obligatoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;La parole publique est dévalorisée et cette confiance tant souhaitée se dérobe, &lt;br /&gt;
si l&amp;#8217;on en juge par les réactions constatées dans nos environnement respectifs&lt;br /&gt;
autant que par les gestes de violence ou de désespoir qui se développent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les citoyens en majorité doutent que leurs préoccupations intéressent les politiques,  &lt;br /&gt;
et ils renvoient dos à dos la gauche et la droite pour diriger le pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le scepticisme à l&amp;#8217;égard de la «&lt;i&gt; modernisation &lt;/i&gt;» annoncée, les inquiétudes quant aux conséquences de ces bouleversements décidés en haut lieu,&lt;br /&gt;
sans que le peuple souverain ait son mot à dire, tout concourt à la défiance vis-à-vis de ces lois et de ces «&lt;i&gt; réformes &lt;/i&gt; » menées au pas de charge &lt;br /&gt;
dans un environnement économique incertain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelles raisons justifient la réforme de la procédure pénale et que devient l&amp;#8217;indépendance des juges, quand la politique sécuritaire du gouvernement multiplie les gardes à vue et remplit les prisons ? ( &lt;i&gt;lire l&amp;#8217;article d&amp;#8217;Etienne Tarride&lt;/i&gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Quelles mesures faudrait-il mettre en place pour que les attentes des  citoyens soient prises en compte ? On parle de scrutin à un tour &amp;#8230; Pourquoi ne pas supprimer les élections pendant qu&amp;#8217;on y est ? Ou les remplacer par le tirage au sort &lt;br /&gt;
comme le suggèrent certains ?  (&lt;i&gt;lire l&amp;#8217;article d&amp;#8217;André Bellon&lt;/I&gt;)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Quelle place réserve-t-on à la culture dans la restructuration des collectivités territoriales dont les ressources sont réduites de façon drastique ? (&lt;I&gt;lire l&amp;#8217;article de Jean Souyris&lt;/i&gt;)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Quelques questions, parmi beaucoup d&amp;#8217;autres, posées par les citoyens eux-mêmes qui pensent qu&amp;#8217;ils sont les mieux placés pour défendre et comprendre leurs intérêts. Et prendre leur destin en main en refondant la République !&lt;br /&gt;
</description>
<author></author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
</item>
<item>
<title>Un mot dans l'air du temps: Pour une justice républicaine</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=621</link>
<description>par &lt;b&gt;Etienne Tarride&lt;br /&gt;
&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les français ont de moins en moins confiance en leur justice, c'est un point acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Ceci est vrai pour la justice pénale, du fait de l'assujettissement de l'autorité judiciaire au pouvoir exécutif, ceci est aussi vrai pour les justices civile et commerciale qui parlent des langages que les gens ne comprennent pas. Ce deuxième point n'est pas nouveau, il s'aggrave néanmoins du fait de la disparition dans nos sociétés de la notion de respect. De moins en moins de gens admettent aujourd'hui que les Juges savent et qu'eux ne savent pas. Qu'on s'en félicite ou qu'on le déplore, il en est ainsi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Il est évidemment nécessaire d'effectuer une réforme constitutionnelle pour rétablir le pouvoir judiciaire, et pour garantir aux citoyens le maintien d'une Justice proche d'eux, au contraire de la prétendue réforme de la carte judiciaire qui n'a, en fait que supprimé des tribunaux et pour l'essentiel des tribunaux de proximité (tribunaux d'Instance, conseil des prud'hommes). La Justice n'est pas et ne sera jamais une activité rentable, il faut s'y faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces observations sont des préalables. Maintenant, il faut réfléchir à l'essentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matière pénale, il serait utile d'en finir avec l'affrontement des partisans de la répression et des partisans de la prévention. Aucune répression n'est efficace si les situations sociales ne sont pas prises en compte, aucune prévention n'est possible si elle ne s'appuie pas sur une répression ferme éventuelle. Il ne suffit donc pas de se lamenter sur le sort des malheureux détenus, il convient de constater que la prévention utile suppose que soit organisée et financée dans les quartiers la présence d'éducateurs formés au langage et aux valeurs de ceux qu&amp;#8217;ils devront convaincre. Ce ne sont ni les écoles de police ni les IUFM qui peuvent pourvoir à ce service.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Il faudrait aussi réfléchir à la mise en place d'institutions qui assurent, éventuellement par l'internat, la sauvegarde de jeunes en danger de délinquance ou de petits délinquants qui ne relèvent pas de la maison d'arrêt et qui pourraient y trouver une vraie chance d'une éducation dispensée par des spécialistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut, enfin, se battre sans recul pour le maintien du Juge d'Instruction, juge indépendant, et seule garantie de tous dans les affaires délicates. La seule réforme à envisager est de choisir ces Juges parmi des Magistrats expérimentés plutôt que d'envoyer dans ces fonctions de jeunes gens à peine sortis de l'Ecole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matières civile et commerciale, nous pourrions réfléchir aux moyens de simplifier et d'adapter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Simplifier en réformant une procédure civile et commerciale devenue incompréhensible au fil des ans et des demi-réformes qui sont autant de complications. Les avocats n'ont pas pour fonction de se substituer aux parties, ils ont pour fonction de les assister dans une procédure que les parties comprennent et suivent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Adapter veut dire prendre en compte le fait que nos textes, notamment commerciaux, sont aujourd'hui dépassés du fait de l'évolution économique. Nous pensons notamment aux règles de la concurrence. Nos Tribunaux de Commerce sont désarmés face aux formes nouvelles de la concurrence déloyale qu&amp;#8217;impliquent les règles Européennes et la mondialisation telle que la conçoit l'OMC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Adapter veut dire aussi réfléchir à la sacro-sainte règle du double degré de juridiction qui n'est peut-être pas la panacée en matière civile et commerciale bien sûr, puisqu'elle doit rester intangible au pénal. Dans un monde ou il faut aller vite, l'utilité et l'efficacité des voies de recours doit être examinée. Notons sur ce sujet que la Cour Administrative d'Appel qui nous a été imposée par les règles Européennes n'a guère apporté les améliorations escomptées&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reste enfin qu'aucune Justice ne peut fonctionner sans moyens et sans hommes. La réduction du nombre de magistrats est une erreur à corriger d'urgence et, s'agissant des avocats le fonctionnement de l'assistance judiciaire devra être repensée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attention à la démagogie. La Justice, qui ne concerne pas que les autres, coûte et coûtera cher. Nous devons avoir le courage de le dire clairement.&lt;br /&gt;
</description>
<author>Etienne Tarride</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
</item>
<item>
<title>L'événement: Culture ? Vous avez dit Culture ?</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=622</link>
<description>par &lt;b&gt;Jean Souyris&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&lt;i&gt;La culture nationale est l'ensemble des efforts faits par un  peuple sur le plan de la pensée pour décrire, justifier et chanter l'action à travers laquelle le peuple s'est constitué et maintenu&lt;/i&gt; », écrivait Frantz Fanon dans &quot;&lt;i&gt;Les Damnés de la terre&lt;/i&gt;&quot;. En ces temps où le débat sur l'identité culturelle fait florès, peut-être n'est-il pas inutile de rappeler que le ciment d'une nation, c'est sa culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;C'est d'ailleurs pour cela que des gouvernements successifs ont, en leur temps, développé et défendu l'idée d'une &quot;&lt;i&gt;exception culturelle française&lt;/i&gt;&quot;, conscients qu'ils étaient de tenir là un concept fédérateur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Mais les sirènes du libéralisme économique ont aujourd'hui un chant plus mélodieux aux oreilles de nos politiques. Ainsi, dans son discours prononcé le 02 avril 2008, lors de la remise du rapport de Martin Bethenod et de la présentation du « &lt;i&gt;Plan de renouveau pour le marché de l&amp;#8217;art français&lt;/i&gt; », Christine Alabanel, ministre de la Culture et de la Communication, précisait-elle que le rôle de l&amp;#8217;État n'était pas &quot;&lt;i&gt;de maintenir la création sous respiration artificielle&lt;/i&gt;&quot; (air connu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Enfonçant le clou, Nicolas Sarkozy, venu, le 2 février 2009, installer le nouveau Conseil pour la Création Artistique &amp;#8211; qu'il copréside, pour bien marquer l'intérêt qu'il y porte, avec Christine Albanel -, a fixé pour ambition audit Conseil de faire de la culture &quot;&lt;i&gt;la réponse de la France à la crise économique&lt;/i&gt;&quot;, cette réponse devant se traduire par un &quot;&lt;i&gt;changement de culture&lt;/i&gt;&quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;On s'en serait douté. Et, pour qui ne l'aurait pas fait, Marin Karmitz, producteur de cinéma de son état et Secrétaire général du Conseil mis en place, présentait, le 10 septembre, ses &quot;&lt;i&gt;10 projets pour le développement de pôles culturels et la démocratisation (sic) de la culture&lt;/i&gt;&quot;, qui fleurent bon l'élitisme mercantile, avec juste ce qu'il faut de phraséologie populiste pour rassurer le bon peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Les voies sont donc tracées. Et bien tracées. Mais quid de la traduction politique et des moyens mis en &amp;#339;uvre ? Ceux-ci seront multiples, n'en doutons pas. Mais deux, surtout, paraissent d'ores et déjà déterminants : la suppression de la taxe professionnelle, et la reforme des collectivités territoriales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;La première prive les collectivités de leur principale ressource représentant une part extrêmement importante du produit de la fiscalité directe locale. Comment imaginer que des villes ayant en charge des structures culturelles lourdes : théâtres, opéras, scènes conventionnées ou nationales, musées et autres lieux historiques, puissent continuer à en assumer la charge ? Elles qui sont déjà réduites à quia avec les incessants transferts vers elles de compétences de l'état, sans que les compensations financières, toujours annoncées, ne soient honorées? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Déjà, quelques collectivités qu'inquiète, à juste titre, leur avenir, gèlent des projets, se désengagent de structures de développement territorial ou remettent en question leurs soutiens au monde associatif. D'où la mort annoncée, pour ne prendre que ce cas, des compagnies théâtrales indépendantes, souvent constituées en association.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Mais, qui sait, d'autres auraient pu se laisser aller à augmenter encore les charges fiscales locales pour faire face à leurs obligations, quitte à se retrouver exposées à la vindicte générale par un gouvernement se proclamant soucieux, au contraire, d'alléger &quot;l'insupportable pression fiscale qui pèse sur les citoyens&quot; ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;C'est là qu'intervient le projet de loi préparé par la commission Balladur, lequel prévoit de supprimer aux Conseils Généraux et Conseils Régionaux la compétence générale qui leur permettait jusqu&amp;#8217;alors de financer et d&amp;#8217;accompagner des projets à caractères sociaux, culturels ou sportifs. Seules les communes, ou regroupements de communes, qui garderaient une compétence générale, pourront continuer à &amp;#339;uvrer pour ces secteurs le plus souvent associatifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Après la suppression de la taxe professionnelle qui les prive de leur principale ressource, voici donc qu'est programmée l'interdiction aux Conseils Généraux et Régionaux toute action d'intérêt général menée dans un cadre associatif. Or, sans parler de leur rôle fondamental par les aides complémentaires qu'ils pouvaient apporter aux associations communales, ils étaient les seuls à avoir la capacité de promouvoir et de conduire des politiques et des projets dont l'envergure dépassait les limites géographiques et les moyens économiques des communes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Indubitablement, le gouvernement veut en finir avec le secteur associatif, riche de plus d&amp;#8217;un million d&amp;#8217;associations loi 1901, porteur de projets non marchands et solidaires qui tentent de compenser les inégalités engendrées par notre système économique. Il veut en finir avec ce bénévolat improductif qui concurrence d'inadmissible façon l'esprit créatif de la libre entreprise, seule capable de &quot;travailler plus pour gagner plus&quot; ou, plus précisément, de faire davantage travailler sa main d'&amp;#339;uvre pour s'enrichir plus encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;L&amp;#8217;état poursuivra donc son désengagement culturel pour concentrer ses financements sur des projets comme ceux du Conseil pour la Création Artistique. Et, pour garder l'exemple du théâtre, les compagnies indépendantes, qui sont pour la plupart cofinancées par les collectivités, devront réduire à la portion congrue leur programmation et leur soutien à la création en attendant que, réduites au bon vouloir du mécénat d'entreprise, elles n'aient plus d'autre terme d'alternative que se soumettre ou disparaître. Voilà ce qui nous attend avec certitude, au pire dans deux ans, au mieux en 2014. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Car l'adoption de ce projet de loi devrait avoir lieu « &lt;i&gt;probablement après les régionales de mars 2010&lt;/i&gt; ». Le volet sur la clarification des compétences et les financements croisés serait renvoyé, lui, à un second projet de loi «&lt;i&gt; dans un délai de deux ans après le vote de la réforme des collectivités territoriales &lt;/i&gt;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Voila comment on met brutalement un terme à des décennies d'efforts pour sauvegarder tant bien que mal - car tout n'était certes pas parfait &amp;#8211; la culture, c'est-à-dire l'identité d'un peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Souvenons-nous de ce qu'écrivait, dans &quot;&lt;I&gt;L'artiste et son temps&lt;/i&gt;&quot;, Albert Camus dont nous commémorons, cette année le cinquantenaire de la disparition : « &lt;i&gt;Sans la culture et la liberté relative qu'elle suppose, la société, même parfaite, n'est qu'une jungle. C'est pourquoi toute création authentique est un don à l'avenir&lt;/I&gt; ».&lt;br /&gt;
</description>
<author>Jean Souyris</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
</item>
<item>
<title>Chronique de l'antirépublique: Tirage au sort, le nouveau phantasme</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=623</link>
<description>par &lt;b&gt;André Bellon&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vie politique est en crise et la démocratie est de plus en plus un mot sans conséquence. C&amp;#8217;est sur ce champ de ruines que des voix de plus en plus insistantes autant qu&amp;#8217;insidieuses proposent de tirer au sort les représentants du peuple au lieu de les élire. La main de Dieu serait le meilleur moyen de désigner les meilleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;On aurait tort de penser que cette idée n&amp;#8217;est que marginale. Elle pénètre lentement des milieux très divers, profitant de la déconsidération qui frappe les représentants théoriques du peuple. Elle s&amp;#8217;appuie sur un postulat dangereux : les élections désigneraient des personnes attachées à des intérêts particuliers. En revanche, le tirage au sort permettrait l&amp;#8217;émergence de personnalités compétentes au-delà de tout intérêt parcellaire. La démocratie trouverait enfin son paradis dans le hasard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les justifications les plus sophistiquées de cette proposition expliquent soit qu&amp;#8217;on choisirait parmi les plus compétentes le panel de personnes entre lesquelles s&amp;#8217;effectuerait le tirage, soit que les personnes ainsi sélectionnées seraient guidées par des mentors compétents. Ainsi, la compétence aurait une valeur générale, située au dessus des petits intérêts catégoriels ou des revendications futiles.  En résumé, les peuples ne comprennent pas spontanément les nécessités, l&amp;#8217;intérêt général leur est étranger. On reconnaîtra, sous une forme à peine plus sophistiquée, l&amp;#8217;idée de « bonne gouvernance » chère au libéralisme mondialisé. Il y a des lois, en particulier économiques, qui s&amp;#8217;imposent aux hommes. Dans une telle conception, inutile de se poser une question pourtant bien naturelle : qui définit la compétence ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&amp;#8217;idée de la nature malsaine de la représentation démocratique n&amp;#8217;est pas neuve. Elle existe en France depuis les débuts de la République et du suffrage universel. De nature protéiforme, parfois naïve, parfois cynique, elle peut donner lieu à des interjections telle celle de Francis Mer, alors Ministre de l&amp;#8217;économie, interpellant ses collègues : « Vous, les politiques ». On aura compris que « politique » veut alors dire « dépendant du suffrage universel et donc des électeurs », ces permanents empêcheurs de bien gérer en rond. L&amp;#8217;idée n&amp;#8217;est pas neuve qui cherche à donner toute latitude aux délégués. Le rejet de l&amp;#8217;élection a, en effet, pour conséquence et souvent pour objet de rendre ceux-ci indépendants des citoyens et donc d&amp;#8217;officialiser la disparition de tout contrôle de l&amp;#8217;élu par les citoyens. Le principe de responsabilité est ainsi officiellement enterré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réalité est tout autre. Les puissants ont toujours, depuis son origine, tenter de manipuler le suffrage universel, de le contraindre par des modes d&amp;#8217;élection ou par l&amp;#8217;absence de vrai choix. Et ceux qui critiquent honnêtement les élections oublient souvent ou font semblant d&amp;#8217;oublier que ce n&amp;#8217;est pas le suffrage universel dans son principe qui est en cause, mais sa mise en &amp;#339;uvre par ceux qui le détestent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tirage au sort est, dans ce contexte, le rêve de la technocratie et des tenants du libéralisme économie le plus débridé. Rien de plus facile, en effet, que d&amp;#8217;imposer des choix au nom de la compétence (la leur) en l&amp;#8217;absence de tout débat contradictoire. Remarquons, cela étant, leur cohérence. S&amp;#8217;il n&amp;#8217; y a qu&amp;#8217;une politique possible, on peut sans grande conséquence, tirer au sort les délégués. Leur rôle se bornera à signer. Il y a là une conception d&amp;#8217;une démocratie sans objet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vrai problème de la démocratie n&amp;#8217;est pas la compétence mais la capacité des dirigeants à incarner l&amp;#8217;intérêt général. C&amp;#8217;est au regard de cet impératif que se juge la « compétence » et cela ne peut être apprécié qu&amp;#8217;après un débat politique en fonction des options éthiques des uns et des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce débat est bien ancien question et, depuis les débuts de l&amp;#8217;idée républicaine, on a vu s&amp;#8217;affronter ceux, tel Machiavel, qui considéraient que la République devait permettre l&amp;#8217;expression des contradictions sociales et ceux, tel Montesquieu, qui croyaient qu&amp;#8217;il existait un intérêt général abstraitement défini, expression quasi divine en quelque sorte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réaffirmer la République impose de refuser ces thèses qui utilisent la démocratie pour mieux la nier. La république repose sur des principes fondamentaux vers lesquels il importe de revenir au lieu de les enterrer :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Elle a confiance dans le citoyen.&lt;/b&gt; Combien de fois n&amp;#8217;avons-nous pas entendu blâmer son inconséquence, sa versatilité, sa propension à être manipulé par des forces obscures et réactionnaires ? Ces anathèmes sont le plus souvent lancés par des minorités qui cherchent à manipuler le pouvoir et qui, dans ce but, ont le plus grand intérêt à se débarrasser de la souveraineté populaire. En effet, seule la souveraineté populaire est susceptible d&amp;#8217;imposer des obligations aux puissants. On sait, par exemple, que la droite dure américaine voit la démocratie comme un « complot contre les riches ». C&amp;#8217;est au contraire l&amp;#8217;expression du corps social dans sa diversité qui permet d&amp;#8217;approcher l&amp;#8217;intérêt général, pas la sélection d&amp;#8217;une minorité soi-disant « éclairée ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Elle a confiance dans le débat.&lt;/b&gt; Une société vit par ses contradictions et les affrontements sont nécessaires à l&amp;#8217;évolution car ils font émerger le véritable intérêt général. La démocratie n&amp;#8217;est donc pas une manière de supprimer les affrontements, mais une méthode pour les conclure au mieux. Encore faut-il, évidemment, que les institutions politiques permettent que les oppositions s&amp;#8217;expriment et soient véritablement représentées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Elle est hostile aux oligarchies.&lt;/b&gt; Certes, on nous dira que nous ne sommes plus sous l&amp;#8217;ancien régime, qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y a plus de noblesse. Officiellement non. Mais au prétexte de la complexité du monde, une classe très restreinte a confisqué le droit de gérer les affaires publiques comme les affaires privées&amp;#8230;&amp;#8230;avec les résultats catastrophiques que l&amp;#8217;on constate à nouveau aujourd&amp;#8217;hui. Ne lui donnons pas le pouvoir de confisquer la démocratie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;L&amp;#8217;enjeu de la période actuelle qui voit augmenter les inégalités et se reconstituer des oligarchies où se mêlent milieux politiques, économiques et médiatiques, est de retrouver les fondements de la démocratie en réaffirmant les principes républicains, au premier rang des quels le suffrage universel. &lt;br /&gt;
</description>
<author>André Bellon</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: L'UMP pour les acquis sociaux (bêtisier)</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=624</link>
<description>L&amp;#8217;invité de France Culture, le jeudi matin 4 février 2010, était Monsieur Jérome Chartier, député UMP du Val d&amp;#8217;Oise et secrétaire national de l'UMP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interrogé sur le cumul emploi-retraité de Monsieur Proglio, Président d&amp;#8217;EDF et de Veolia, il a expliqué que celui-ci, ayant quitté Veolia (sic), avait droit à sa retraite, qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agissait d&amp;#8217;un droit acquis. Il a ajouté que, en tant que dirigeant de l'UMP, il défendait les droits acquis comme autrefois Mitterrand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On savait qu&amp;#8217;on pouvait se moquer des auditeurs, surtout quand il n&amp;#8217;y a pas de contradicteurs, mais quand même ! A moins que la provocation ne soit une sratégie.</description>
<author>A.B.</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: Empathique</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=625</link>
<description>Piquée dans un courrier de lecteur de &lt;i&gt;Télérama&lt;/i&gt; : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&quot;C&amp;#8217;est sa méthode : lorsqu&amp;#8217;un Français souffre, Nicolas Sarkozy pleure avec lui. &lt;br /&gt;
A cultiver l&amp;#8217;empathie avec un pareil aplomb, vous verrez que le président &lt;br /&gt;
finira par voter contre Sarkozy aux prochaines élections.&quot;  Jacques A.</description>
<author>G.L.</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: La carpette anglaise (suite)</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=626</link>
<description>«&lt;i&gt;Comme on est tous bilingue, ce n&amp;#8217;est pas la peine de traduire !&lt;/i&gt; », s&amp;#8217;est exclamée joyeusement la journaliste de France info ce 31 janvier 2010, après plusieurs phrases en anglais du PDG d&amp;#8217;un géant américain de l&amp;#8217;informatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mis à part la bêtise profonde que sous-tend ce genre de propos, cette absence de traduction relève du mépris de l&amp;#8217;auditeur qui est &amp;#8211; faut-il le rappeler à cette journaliste &amp;#8211; francophone.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Consciemment ou inconsciemment, France info participe en outre de la domination d&amp;#8217;une langue étrangère. Evidemment, nous expliquera le directeur de l&amp;#8217;Express Christophe Barbier, cette évolution est naturelle et il nous faut tous nous mettre à l&amp;#8217;anglais en « mettant notre fierté au fond de notre poche avec un mouchoir dessus ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La journaliste de France Info et Barbier seraient sans doute surpris de lire, chez le premier ministre britannique Winston Churchill, l&amp;#8217;importance de promouvoir la langue anglaise afin de favoriser les intérêts commerciaux anglo-saxons (Théorie des 3 cercles formulée en 1948.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, au fond,ce n&amp;#8217;est sans doute pas un hasard si la chronique « bilingue » du 31 janvier commente, sans la moindre distance critique, la sortie d&amp;#8217;un produit électronique dernier cri conçu et fabriqué aux Etats-Unis.&lt;/A&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
</description>
<author>A-C.R.</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
</item>
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<title>Brèves: Déclaration de Ferdinand Buisson en Octobre 1903</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=627</link>
<description>Citation de Buisson extraite du congrès radical de Marseille des 8-11 octobre 1903, particulièrement sereine et utile aujourd'hui face au déferlement démagogique dans le pseudo débat sur l'identité nationale :&lt;br /&gt;
&quot;&lt;i&gt;Parce qu&amp;#8217;ils ont imaginé de chanter bravement la Marseillaise, après l&amp;#8217;avoir proscrite pendant quatre-vingts ans comme le chant même de la Révolution, faudra-t-il que nous cherchions un autre hymne, l&amp;#8217;Internationale, par exemple ?
Qu&amp;#8217;est-ce que cette politique de reculade qui consisterait aussitôt que l&amp;#8217;ennemi fait mine d&amp;#8217;adopter les plus beaux de nos principes, à les lui abandonner pour qu&amp;#8217;il les retourne contre nous ?&lt;br /&gt;
Nous ne pouvons pas faire cela. Nous ne pouvons pas changer notre drapeau, sous prétexte que ceux qui le combattent depuis un siècle prétendent nous l&amp;#8217;enlever pour en faire le leur. Ils cherchent à créer une confusion dont ils profiteraient. Nous l&amp;#8217;empêcherons précisément en restant fidèles à nous-mêmes.&lt;/i&gt;&quot;
</description>
<author>S.T.</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
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<title>Brèves: Enfin de la compassion !</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=628</link>
<description>La mise en lumière du montant ahurissant des rémunérations de Monsieur Proglio a eu un effet particulièrement utile. Elle a fait prendre conscience aux citoyens qu&amp;#8217;il y avait un cumul de fonction incroyable, plongeant dans l&amp;#8217;illégalité républicaine, entre une présidence d&amp;#8217;entreprise privée et celle d&amp;#8217;une entreprise publique.&lt;br /&gt;
Jusque là, ça ne semblait gêner personne dans les sphères dirigeantes et, sauf à penser que Sarkozy envisageait de nationaliser Veolia, tout le monde comprenait qu&amp;#8217;il se fichait comme d&amp;#8217;une guigne de l&amp;#8217;intérêt public.&lt;br /&gt;
Pour mettre fin à cette situation dangereuse pour le Président, l&amp;#8217;Élysée a fait donner ce week-end Christine Lagarde et Éric W&amp;#339;rth qui ont, tous deux, expliqué que ce cumul n&amp;#8217;était que provisoire (première nouvelle), mais dû au fait que Monsieur Proglio était attaché à son entreprise d&amp;#8217;origine par des liens affectifs très forts.&lt;br /&gt;
Une histoire sentimentale qui fera sûrement pleurer les français sensibles aux chagrins d&amp;#8217;amour.&lt;/A&gt;&lt;/p&gt;</description>
<author>A.B.</author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
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<title>Note de lecture: L'esprit de Philadelphie</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=36&amp;articlenum=629</link>
<description>L&lt;/span&gt;a &lt;i&gt;Déclaration de Philadelphie concernant les buts et objectifs de l&amp;#8217;organisation internationale du travail&lt;/i&gt; fut proclamée le 10 mai 1944 dans le but d&amp;#8217;édifier un nouvel ordre international fondé sur le Droit, la justice, la démocratie sociale et non la force. Elle prenait acte, tout comme le programme du Conseil National de la Résistance, de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale et elle entendait donner des outils juridiques aux peuples afin de combattre toute forme de réification de l&amp;#8217;homme et d&amp;#8217;affaiblissement des mécanismes sociaux. Le professeur de droit Alain Supiot, directeur de l&amp;#8217;Institut d&amp;#8217;Etudes Avancées de Nantes, apporte un éclairage pertinent sur cette Déclaration et explique pourquoi l&amp;#8217;esprit de Philadelphie a très rapidement cédé la place à son exact contraire : l&amp;#8217;ultralibéralisme, la mondialisation, l&amp;#8217;exploitation des travailleurs, la construction européenne assurant l&amp;#8217; « ordre spontané » du Marché.  Cette Déclaration, proclamée dans une ville qui signifie en grec « amour fraternel » (philadelphia) est décisive pour chercher des voies de réappropriation politique et sociale. Elle reconnaît, en effet, que «&lt;i&gt; le travail n&amp;#8217;est pas une marchandise&lt;/i&gt; », ou que l&amp;#8217;extension des mesures de sécurités sociales et le combat contre la pauvreté sont des priorités. Qui se souvient des propos du responsable du Medef, Denis Kessler, appelant  en 2007 à « &lt;i&gt;défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance&lt;/i&gt; »  trouvera dans ce livre un utile outil de défense de la justice sociale et aussi de l&amp;#8217;égalité et de la dignité du genre humain. En se fondant sur le texte de Philadelphie, l&amp;#8217;auteur conteste la privatisation du service public et l&amp;#8217;affaiblissement généralisé de l&amp;#8217;Etat social causés notamment par les mécanismes européens. Ainsi, par exemple, la Cour de Justice des Communautés européennes (CJCE) produit une jurisprudence opposée au Droit social et syndical, tout comme l&amp;#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC) ou le Fonds Monétaire International (FMI) asservissent les peuples. Alain Supiot explique aussi pourquoi, dans une telle mesure, le vote « non » au Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005 devait être refusé par ces élites. Cet ouvrage défend une grande thèse républicaine. &lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
      &lt;p align=&quot;left&quot; class=&quot;Style1&quot;&gt;&lt;strong&gt;J.M.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
      &lt;p align=&quot;left&quot; class=&quot;Style1&quot;&gt;&amp;nbsp;- &lt;i&gt;&lt;b&gt;L&amp;#8217;esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, de Alain Supiot, Seuil, 2010, 179 pages, 13 euros. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
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<author></author>
<pubDate>2010-02-19</pubDate>
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