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<title>République! Groupe de réflexion sur les questions républicaines</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr</link>
<description>Groupe de réflexion sur les questions républicaines</description>
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<title>Note de lecture: L’extinction des Lumières. Vers une dilution de la démocratie ?</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=69&amp;articlenum=940</link>
<description>Après s’être intéressé à la question de l’individualité privatisée et au dysfonctionnement de la démocratie, Olivier Starquit, qui coordonne les activités des &lt;i&gt;Amis du Monde Diplomatique&lt;/i&gt; à Liège, renforce ici sa réflexion au détour des Lumières, des Indignés et d’une critique sérieuse du langage totalitaire néolibéral. L’endormissement du citoyen n’est jamais que momentané et la manipulation idéologique des classes populaires nécessite de résister par une remise à plat des stratégies démocratiques et des règles du jeu politique. La démocratie est en effet « mise à la diète » par des outils tels que la « gouvernance », la « société civile », le « storytelling management », et la technique du « consensus politique » européanisé, fort bien dénoncés et critiqués par l'auteur. Les médias et les entreprises de sondages n’en sont, bien sûr, pas peu responsables. Starquit livre un inventaire des machines de guerres médiatiques qui saturent l’espace symbolique pour infantiliser et rendre dociles les individus à une dictature larvée qui éteint les pari des Lumières et de la démocratie. Les travaux de V. Klemperer, G. Orwell, A. Bihr et E. Hazan lui permettent de s’appuyer sur un utile raisonnement de fond pour dépiéger le matraquage de la novlangue contemporaine qui a pour fin de « &lt;i&gt;réaliser la politique par la suppression de la politique&lt;/i&gt; ». C’est ainsi que son recours aux Lumières est audacieux : face au « &lt;i&gt;totalitarisme tranquille&lt;/i&gt; », les combats pour la raison, l’autonomie, la désobéissance civile, la souveraineté du peuple ou les droits de l’homme et du citoyen restent éminemment d’actualité.&lt;br /&gt;
      &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;b&gt;Olivier STARQUIT&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;L’extinction des Lumières. Vers une dilution de la démocratie ?&lt;/i&gt;,(préface de Jacques Généreux), Territoires de la Mémoire, Liège, 2012, 139 pages, 7 euros</description>
<author>J.M.</author>
<pubDate>2013-04-26</pubDate>
</item>
<item>
<title>Editorial: Le citoyen lambda n'a pas le moral !</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=69&amp;articlenum=934</link>
<description>Dans son livre « &lt;i&gt;Jours de Pouvoir&lt;/i&gt; » publié en février 2013, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture de juin 2009 à mai  2012, relate un entretien avec l’historien Marcel Gauchet qui lui avait fait part, en juin 2012, de son scepticisme concernant l’état de la France dans la perspective européenne: « &lt;i&gt;Le système est vicié… Personne ne s’y retrouve… Vous ne pouvez faire l’économie d’une réforme constitutionnelle &lt;/i&gt;»… Propos dont l’auteur tire sa propre conclusion en une phrase lourde de sous-entendus : «  &lt;i&gt;Marcel Gauchet touche ce qui fait le plus défaut dans notre pratique actuelle du pouvoir, qui se résume à une litanie de réformes sans doute nécessaires, mais imposées, toujours douloureuses, et sans projet de société&lt;/i&gt; »…Certains politiques reconnaîtraient-ils avec lucidité et courage qu’ils passent leur temps à brasser du vent ?&lt;br /&gt;
        &lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Qu’il ait lu ou non le livre de Bruno Le Maire, le citoyen lambda n’a pas le moral. Il est assommé par les mauvaises nouvelles qui lui tombent dessus chaque jour sur la tête (augmentation du chômage, diminution du pouvoir d’achat, endettement aggravé de 50% en cinq ans, perspectives budgétaires en baisse et impôts nouveaux)… Et comme si cela ne suffisait pas, de nouveaux dangers  surgissent : montée de la délinquance, insécurité alimentaire, pollutions par abus de pesticides…  Il en arrive aux mêmes conclusions que l’ancien ministre et comme des millions d’autres citoyens, il se pose des questions… Pourquoi des réformes douloureuses imposées sans consultation à des citoyens demeurés fidèles à des règles et à des valeurs connues, admises et partagées?.. Pourquoi des promesses non tenues : développement durable, croissance équilibrée, stabilité des prix, économie sociale de marché tendant au plein-emploi  et au progrès social, niveau élevé de protection de l’environnement… Pour ne citer que quelques-uns des éléments de langage répétés à satiété jusqu’à ces années dernières par les thuriféraires de l’Europe du marché libre et non faussée dont la construction n'est pas si éloignée que cela du coup d'État ! (&lt;i&gt;Voir l’article d’Anne-Cécile Robert&lt;/i&gt;).&lt;br /&gt;
        &lt;br&gt;&lt;br&gt;Quant aux responsables politiques, ils ont perdu l’habitude d’écouter le peuple qui détient la souveraineté, trop occupés qu’ils sont à poursuivre la même funeste ambition de « déconstruire l’héritage collectif » (selon la formule de Pierre Borchant) au nom de la « construction européenne » (&lt;i&gt;voir l’article de Christian Berthier&lt;/i&gt;) ou à oublier les lois de la République et la règle de la séparation des pouvoirs (&lt;i&gt;voir l’article d’Etienne Tarride&lt;/i&gt;). Il leur semble peut-être bien plus important de continuer leur guéguerre stérile sur fond de dérégulation financière, de fraudes fiscales et d’enrichissement personnel, plutôt que se soucier du destin et des intérêts de la France !.. Jusqu’au jour où le peuple engagera un processus constituant.</description>
<author></author>
<pubDate>2013-04-26</pubDate>
</item>
<item>
<title>Un mot dans l'air du temps: D’un coup d’État, l’autre</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=69&amp;articlenum=935</link>
<description>par &lt;b&gt;Anne-Cécile Robert&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br /&gt;
Coup d’Etat en République centrafricaine (mars 2013), coup d’Etat au Mali (mars 2012)… Qui dit « coup d’Etat » évoque un putsch militaire renversant des autorités légalement installées. L’Amérique latine en connut de nombreux depuis la seconde guerre mondiale. Le président Manuel Zelaya fut la victime d’un tel renversement en 2009 au Honduras, de même que son homologue Fernando Lugo au Paraguay en juin 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Cette forme caricaturale de coup d’Etat laisse penser que les démocraties européennes se trouvent hors de portée de telles épreuves de force. Pourtant, il existe toutes sortes de coup d’Etat qui n’impliquent pas forcément le port de l’uniforme. Ainsi le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a fait voter par son parti ultraconservateur (le Fidesz, Alliance des jeunes démocrates), quatre réformes constitutionnelles en quinze mois qui ont pour points communs de restreindre la liberté de la presse, d’encadrer le pouvoir des magistrats et le pluralisme politique. Cette situation s’apparente à une sorte de « &lt;i&gt;coup d’Etat constitutionnel&lt;/i&gt; » au sein même de l’Union européenne.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Si le parti de M. Orban se promène aux lisières vénéneuses de l’extrême droite, d’autres formations politiques semblent, quant à elles, aussi disposées à tordre le droit en abusant de leur rapport de forces institutionnel. Que penser par exemple de l’attitude du président Nicolas Sarkozy dans le dossier des retraites ? Dans sa campagne, il avait clairement annoncé qu’il n’opérerait aucune réforme de ce droit social. Trois ans après, il lance une vaste modification de la durée de cotisation et du calcul du montant des pensions. Plusieurs manifestations de millions de citoyens le laissent de marbre et sa majorité parlementaire lui permet de faire passer sa réforme. ? Si tout est légal dans ce processus, n’y a-t-il pas une torsion préoccupante du droit ? Que vaut un engagement pris devant les électeurs face aux nécessités de la conduite gouvernementale au quotidien ? M. Sarkozy s’est en effet justifié en invoquant les circonstances nouvelles créées par la crise financière de 2008. L’importance massive de la mobilisation populaire ne jetait-elle pas le doute sur la légitimité du revirement présidentiel ? Une sorte de coup d’Etat juridique s’est déroulé en plein cœur d’une démocratie avancée.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Par ailleurs, lorsque le Conseil constitutionnel rejette la baisse de 30% du salaire du président de la République, le 9 août 2012, au motif que la séparation des pouvoirs interdirait au Parlement de voter la rémunération de l’exécutif, le doute n’est-il pas permis sur l’interprétation ainsi faite de la Constitution. En effet quelle autre instance que la représentation nationale peut-elle voter le budget des autorités gouvernementales ? De même, lorsque le Conseil invalide les premières lois de nationalisation en 1982 au prétexte que l’indemnité accordée aux propriétaires expropriés ne serait pas « juste » au sens de l’article 17 de la &lt;i&gt;Déclaration des droits de l’homme et du citoyen&lt;/i&gt;, ne se substitue-t-il pas aux élus de la nation ? Les appréciations, parfois subjectives de la Haute assemblée, autorisent en pratique une sorte de coup d’Etat constitutionnel. La question prioritaire de constitutionnalité, qui permet aux citoyens de saisir directement le Conseil, a encore accru son champ d’intervention sans résoudre ce problème. &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Enfin, en transférant des compétences de plus en plus importantes, exercées sans le moindre contrôle démocratique, l’intégration européenne n’instaure-t-elle pas un état d’exception ? Le traité sur la stabilité et la gouvernance (entré en vigueur en janvier 2013) et les projets d’union bancaire poursuivent dans cette voie en créant des autorités administratives dotés de réels pouvoirs sans aucun lien avec le suffrage universel. Au nom d’une efficacité ou d’une technicité qui sert avant tout les intérêts des classes dominantes, les peuples européens ne vivent-ils pas un coup d’Etat permanent ? Symbole de ce renversement de légitimité, l’adoption par le Parlement français du traité de Lisbonne, traité jumeau du traité constitutionnel européen rejeté par les électeurs le 29 mai 2005. Les élus du peuple ont ici sciemment violé le verdict de la souveraineté populaire, commettant un coup d’Etat légal. La créativité des juristes et les déséquilibres institutionnels remplacent aisément les fusils et les uniformes militaires.</description>
<author>Anne-Cécile Robert</author>
<pubDate>2013-04-26</pubDate>
</item>
<item>
<title>L'événement: OCDE : toujours moins aux peuples d'Europe</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=69&amp;articlenum=936</link>
<description>par &lt;b&gt;Christian Berthier&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;br /&gt;
Pendant que dans le plus grand secret se « négocierait » un nouvel « accord transatlantique » des exigences commerciales américaines adressées aux états européens, l’OCDE consacre l’essentiel de son rapport annuel sur la France à dire tout le mal qu’elle pense de notre « mille-feuille » national.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Pas un mot contre la baisse du pouvoir d’achat de la grande majorité des familles, la hausse du chômage, la crise du logement, le coût croissant de la protection sociale. &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Non, il y aurait encore trop d’élus et de collectivités locales. Ca  coute trop cher pour l’OCDE grassement financée par nos impôts, comme les dizaines de milliers de « fonctionnaires » internationaux pour lesquels il y a toujours trop de services publics et de protection sociale.&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Pour réduire les dépenses publiques françaises, les plus élevées au monde selon elle (56% du PIB) après le Danemark, l'OCDE propose une mesure choc: la suppression des 101 départements français.   «Simplifier la structure des administrations infranationales notamment en fusionnant les plus petites des 36.700 communes et en supprimant les départements engendrerait des économies d'échelle substantielles», &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Même l’intercommunalité forcée ou volontaire n’a pas permis de « rationaliser les dépenses entre communes » tout en ajoutant « un niveau supplémentaire à une organisation territoriale déjà complexe », explique le rapport. Preuve qu’à vouloir imiter les entreprises et leurs hiérarchies on n’obtient pas les économies espérées. C’est aussi ce qu’ont montré les simulations réalisées par les partisans du NON alsacien : pas d’économie à attendre d’un éloignement accru entre  élus et « administrés ».&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Pourtant, d’ici 2015, l’Etat a prévu de diminuer de 4,5 milliards d’euros les dotations aux collectivités locales :« un coup de massue sans précédent », selon l’Association des Maires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Tel n’est pas l’avis du Palais de la Muette, ou l’ OCDE salue que « la pression actuelle est de nature à encourager la mutualisation des services et de dégager ainsi des économies », tout en souhaitant la fusion des plus petites communes et la suppression des départements… sans toutefois chiffrer les gains potentiels et leurs bénéficiaires. &lt;br&gt;Patience, espère-t-on à l’Elysée  ou  le projet de loi sur la décentralisation est une « réforme structurelle  qui vise à éviter les doublons, les superpositions », a assuré François Hollande lors du Conseil européen du 14 mars, tout à l’effort déjà entrepris   pour renforcer les pouvoirs des intercommunalités et des Conseils régionaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il n’est pas dit que tant d’espoir soit récompensé. Le NON alsacien, L’exigence signifiée au Président de la République française par le président du Sénat, es qualité, de sursoir &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt; à l’examen et aux votre de la phase 3 de la décentralisation et la fronde de toutes les associations d’élus peut faire espérer un recul important du président français et l’abandon de ses promesses aux hiérarques de la sinistre « Troïka ».&lt;br /&gt;
C’est maintenant les hiérarques pourtant soigneusement sélectionnés du Parti Socialiste qui se divisent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;C’est que Hollande et son gouvernement envoient tous les élus à l'abattoir électoral, faute de remplir leurs mandats. C’est que ces mêmes élus ne voient plus pourquoi rogner leurs budgets quand l’état ne paie plus ses dettes, à commencer par les 29 milliards dus aux départements, quand il dilue leurs pouvoirs par l’ajout d’autres couches au mille-feuille : intercommunalités, métropoles, etc, quand il met leurs budgets familiaux sur la place publique et stigmatise le cumul des mandats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Hollande semble avoir été tenté de contourner la fronde des élus en soumettant directement ses propositions a referendum. Le NON alsacien semble avoir mis un terme à une telle « bravitude ». Reste qu’il reste soumis à la pression des sommets européens, atlantiques et mondiaux. &lt;br /&gt;
Pour ces derniers un parlement-croupion et un gouvernement d’experts non élus ferait l’affaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Les électeurs ne demandent pas aux élus qu’ils se soumettent mais qu’ils continuent a porter les solutions à leurs problèmes concrets. Ils ne demandent pas qu’ils se démettent mais qu’ils soient les instruments de la remise en cause d’un système pour lequel il n’y a plus ni mandat, ni élu du peuple.&lt;br /&gt;
Rien n’est supérieur au peuple, seul créateur des richesses et de la Société. Si la constitution et l’état ne permettent plus aux élus du peuple de remplir leurs mandats, il leur revient de se réunir, de réunir leurs assemblées élues et d’appeler à une nouvelle constitution afin de pouvoir remplir les mandats exprimés par le peuple.
Rien ne serait pire qu'une &quot;constitution&quot; nouvelle issue des appareils de la France d'en haut sans que le peuple ait pu s'exprimer et déléguer là ou il vit.</description>
<author>Christian Berthier</author>
<pubDate>2013-04-26</pubDate>
</item>
<item>
<title>Chronique de l'antirépublique: Outrage à magistrat</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=69&amp;articlenum=937</link>
<description>par &lt;b&gt;Etienne Tarride&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Il paraît qu’un Juge, en procédant à la mise en examen de Nicolas Sarkozy du fait d’abus de faiblesse a déshonoré la Justice et sali la France.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;Ces propos valent à leur auteur monsieur Henri Guaino, un homme qui a occupé de très importantes fonctions à l’Elysée jusqu’à l’année dernière, une plainte pour outrage à magistrat. Cette plainte révèle de la part du juge Gentil, Monsieur Guaino devrait le souligner, un mépris profond de l’égalité Républicaine. Henri Guaino n’est pas la seule personne qui ait fait de semblables déclarations outrageantes, il est le seul à être poursuivi. C’est une injustice mal tolérable. A la décharge du Juge Gentil disons qu’il eût été peu charitable de priver monsieur Guaino de cette superbe solitude face au danger, de cette occasion d’être frappé de la peine confiscatoire de 500 Euros d’amende après un impitoyable et donc glorieux combat au champ d’honneur de la 17ème chambre correctionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Sur le fond du dossier, je ne me prononcerai pas, je ne donne jamais d’opinion sur les dossiers que je ne connais pas. Ce qui me surprend un peu, c’est que Monsieur Guaino semble, quant à lui, connaître ce dossier alors qu’il est couvert par le secret de l’instruction. Peut-être pourra-t-il nous expliquer ce mystère. Au point ou nous en sommes, une déclaration de plus ou de moins n’a plus beaucoup d’importance.&lt;br /&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;Je dispose, personnellement, d’un avantage certain sur monsieur Guaino, je suis avocat. J’ai affronté les juges, je dis bien affrontés, pendant quarante ans et notamment les Juges d’instruction. Ils ont été des adversaires rudes ou aimables, estimables ou difficilement supportables. Je les ai souvent maudits. Je ne les ai jamais méprisés pour une raison simple : la justice est le seul champ de  bataille que je connaisse où il est infiniment plus confortable d’être combattant qu’arbitre. Le juge a le pouvoir d’atteindre à la liberté individuelle, il a des responsabilités lourdes à l’égard de l’ordre Public,  Monsieur Guaino et ses amis nous l’ont assez répété en  boucle y compris pendant des campagnes électorales ou la ligne rouge a été pour le moins tutoyée. L’avocat, lui, bénéficie au moins de la bonne conscience que son état de défenseur lui procure. Je suis, du fait d’un tropisme profond et longuement cultivé, toujours du côté de la Défense, dans tous les cas et y compris dans les cas ou je n’ai aucune sympathie pour le prévenu. J’espère me faire bien comprendre mais je mesure parfaitement à quel point ma situation est confortable.&lt;br /&gt;
 &lt;br&gt;&lt;br&gt;J’ai vu des Juges se faire insulter et menacer par des individus dangereux. J’ai entendu des gens dire au juge qu’il ne l’emporterait pas au paradis et dans un langage infiniment plus fleuri donc infiniment plus inquiétant. L’expression « On va te niquer » est sans doute pittoresque quand elle est prononcée, comme il paraît qu’elle l’est dans les couloirs d’un grand parti politique ou sous les ors de l’Elysée, elle est plus inquiétante assénée de face et avec les gestes appropriés dans un cabinet d’instruction. &lt;br /&gt;
 &lt;br&gt;&lt;br&gt;Depuis des années, de savantes personnes nous expliquent que la fermeté à l’égard des loubards est la seule solution à l’égard de cette insécurité qui mine notre pays. Depuis des années il n’est pas de jour ou ne soit dénoncé le comportement des jeunes ou moins jeunes gens à l’égard des magistrats de la République, ceux qui ne sont pas rangés comme des petits pois dans une salle réservée au discours de l’augure. Depuis des années l’étendard sanglant est levé à l’encontre des voyous de banlieue qui viennent jusque dans nos bras égorger nos filles et nos compagnes et qui s’expriment avec grossièreté. Depuis des années il convient de sévir avec férocité contre les anarchistes qui garent leur voiture sur un espace réservé aux livraisons. Et voilà que patatras. Les Juges ne sont plus sacrés. La répression n’est plus la solution du problème. La mise en examen salit la Justice et la France.&lt;br /&gt;
 &lt;br&gt;&lt;br&gt;Henri Guaino, un homme qui se cherche un rôle historique depuis longtemps l’a enfin trouvé. Il n’est pas Malraux, pas même Machiavel. Henri Guaino est devenu loubard.  Soyons bienveillant, il est devenu le Loubard de la République.</description>
<author>Etienne Tarride</author>
<pubDate>2013-04-26</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brève: Victor Hugo et l'Europe</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=69&amp;articlenum=938</link>
<description>Courtoise recommandation à l’intention de ceux qui ne cessent d’invoquer Victor Hugo au sujet des Etats-Unis d’Europe. Sans aucun rapport avec le projet du marché libre et non faussé, le génial poète, l’auteur des &lt;i&gt;Misérables&lt;/i&gt; voulait, non une construction basée sur l’argent-roi et organisée par et pour  les financiers et les banquiers,  mais « &lt;i&gt;une République d’Europe, la démocratie en paix avec elle-même, toutes les nations sœurs ayant pour cité Paris, c'est-à-dire la liberté ayant pour capitale la lumière.&lt;/i&gt; » ( Discours du 29 août 1876)…Le rêve d’un poète républicain et pacifiste et non la liberté totale pour les marchands du temple ! &lt;br&gt;&lt;i&gt;De ce qui devait être une maison de paix, vous avez fait une caverne de brigands !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
                                                 (d’après Matthieu XXI 12-13)</description>
<author>G.L.</author>
<pubDate>2013-04-26</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brève: De l'utilité de la langue française</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=69&amp;articlenum=939</link>
<description>L'article &quot;l'illettrisme des cadres&quot; dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; des 17-18 février met le doigt, encore une fois sur les carences de notre enseignement et sur le matraquage nocif du &quot;tout-anglais&quot;dans notre pays. A force de laisser entrer au collège des élèves qui ne maîtrisent pas l'écriture, à force de dictature des maths, à force de nous laisser gaver d'anglais de cuisine dans notre environnement et en tous lieux ( dans les publicités télévisées, sur les étiquettes, dans les magasins, avec chansons américaines imposées en fond sonore) on en arrive à faire en sorte que la langue française, pourtant héritage commun et pôle d'unité historique de la nation, nous apparaisse presque comme un idiome local à usage oral interne. Les grandes écoles de commerce, qui s'appellent désormais &quot;business schools&quot; (sic) enseignent en anglais à partir de la deuxième année, sans qu'on soit bien sûr que les enseignants et les enseignés maîtrisent vraiment cette langue. Mme Fioraso, après Mmes Pécresse et Kosziusko-Morizet, veut étendre cette pratique à tout l'enseignement supérieur, ce qui est bien sûr abusif et nuisible et envoie un mauvais signal aux pays de la Francophonie.  Trop c'est trop.&quot; Ce qui se conçoit bien &quot;... se conçoit dans sa langue. Avant de passer à un nécessaire apprentissage des langues étrangères, ce que la &quot;mondialisation&quot; exige en effet, il faut d'abord consolider la connaissance de sa propre langue, sans laxisme. Le français est un trésor en péril.  </description>
<author>J.H.</author>
<pubDate>2013-04-26</pubDate>
</item>
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