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<title>République! Groupe de réflexion sur les questions républicaines</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr</link>
<description>Groupe de réflexion sur les questions républicaines</description>
<item>
<title>Editorial: La crise grecque et nous</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=633</link>
<description>«&lt;i&gt;Je ne crois pas que l&amp;#8217;on puisse faire une Europe qui soit simplement de bonne harmonie entre les nations. Il faut un pouvoir politique européen qui soit enlevé aux nations&lt;/i&gt; » déclare Jérôme Monod dans l&amp;#8217;ultra-européiste revue &lt;i&gt;Confrontations Europe&lt;/i&gt; (janvier-mars 2010). Ce v&amp;#339;u d&amp;#8217;un grand patron français paraît désarmant de sincérité au moment où la crise financière place la Grèce sous tutelle internationale. On voit bien, en effet, les avantages que procure le fait « d&amp;#8217;enlever » le pouvoir aux nations : cela permet d&amp;#8217;imposer des choix économiques qu&amp;#8217;aucun gouvernement n&amp;#8217;aurait osé effectuer sans la « contrainte extérieure ». « &lt;i&gt;En France, le mot libéralisme était imprononçable, alors on en a inventé un autre, Europe&lt;/i&gt; », expliquait ainsi benoîtement le sociologue Alain Touraine il y a quelques années (&lt;i&gt;Cultures en mouvement&lt;/i&gt;, mai 1999).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l&amp;#8217;image de l&amp;#8217;Assemblée nationale grecque qui a validé le plan de rigueur proposé par Athènes sur les recommandations de Bruxelles, les parlements nationaux sont réduits à des chambres d&amp;#8217;enregistrement de politiques décidées ailleurs, souvent par des gouvernements ravis de s&amp;#8217;abriter derrière le Conseil européen ou les institutions financières internationales. Pour achever la parabole de la dépossession des peuples, signalons que la Grèce est dirigée par le Parti socialiste local (le Pasok) qui a récemment remporté les élections législatives sur un programme à peu près aux antipodes de celui qu&amp;#8217;il applique aujourd&amp;#8217;hui. Point commun aux mesures de rigueur   : préserver les intérêts des possédants &amp;#8211; même si ce sont leurs choix qui ont provoqué la crise &amp;#8211; et faire payer l&amp;#8217;addition aux plus faibles : les salariés, les retraités, les fonctionnaires sous-rémunérés, les jeunes privés d&amp;#8217;emploi et d&amp;#8217;une éducation de qualité. Les banques et les hauts revenus échappent, eux, à la curée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, diront certains. Erreur car, comme l&amp;#8217;explique l&amp;#8217;économiste Frédéric Lordon (&lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; de février 2010), les Etats ne sont pas comme des particuliers : ils peuvent déterminer les recettes qui alimenteront leur budget. C&amp;#8217;est tout l&amp;#8217;intérêt de la fiscalité qui pourrait, par exemple, mettre à contribution les banques ou les grandes entreprises. En France, il s&amp;#8217;agirait par exemple, de remettre en cause le bouclier fiscal ou d&amp;#8217;obliger Total à redistribuer à ses salariés une partie de ses fabuleux bénéfices. Mais à Paris, comme à Athènes, le spectre du déficit public hante surtout les plus faibles : la réforme des retraites n&amp;#8217;est pensé qu&amp;#8217;en termes de réduction des droits des pensionnaires, pas dans le cadre d&amp;#8217;une réflexion plus large sur la répartition des richesses (&lt;i&gt;voir l&amp;#8217;article de Jérémy Mercier&lt;/i&gt;). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conjoncture économique n&amp;#8217;a, finalement, que peu à voir avec ces politiques injustes. Celles-ci relèvent en effet d&amp;#8217;un choix de société effectué par les classes dirigeantes européennes depuis 30 ans : le choix de l&amp;#8217;inégalité. C&amp;#8217;est le sens des traités (de Rome, de Maastricht ou de Lisbonne) qui remettent toujours à plus tard une quelconque Europe sociale. Dans le même temps, ils privent les Etats des moyens de protéger leurs citoyens au nom de l&amp;#8217;impératif de réaliser un grand marché intérieur. Si François Mitterrand habillait ces politiques de grandes déclarations de principes tire-larmes contre l&amp;#8217;argent-roi, Nicolas Sarkozy l&amp;#8217;avoue sans détour : l&amp;#8217;inégalité sociale est le moteur nécessaire du dynamisme économique. Le libre-jeu du marché est censé faire le tri entre les bons et les méchants, les gagnants et les perdants.  Le président français, interrogé sur l&amp;#8217;exorbitante rémunération du patron d&amp;#8217;EDF Henri Proglio (2 millions d&amp;#8217;euros par an), a ainsi tranquillement rétorqué : « il le mérite ». Ce qui veut dire que l&amp;#8217;enseignant à qui on confie rien moins que le cerveau de nos enfants et qui gagne un peu plus de 1000 euros par mois le mérite aussi sans doute. Le facteur qui gagne 930 euros par mois pour délivrer par n&amp;#8217;importe quel temps le courrier, idem ? Ce choix de société est un choix dans l&amp;#8217;ordre des valeurs. La Déclaration des droits de l&amp;#8217;homme et du citoyen de 1789 avait pris soin de préciser les « hommes naissent ET DEMEURENT libres et égaux en droit ». On est bien loin de cet objectif (&lt;i&gt;lire l&amp;#8217;article de René Robert&lt;/i&gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit à petit, on cherche à habituer le citoyen à sa soumission. Les médias ont ainsi beaucoup commenté le choix des membres du Conseil constitutionnel par les présidents de la République, du Sénat et de l&amp;#8217;Assemblée nationale. Mais peu se sont attardés sur le pouvoir discrétionnaire ainsi confié, sans contrôle réel, à ces élus, qui plus est pour composer une institution chargée de surveiller leur action ! La nomination du premier président de la Cour des comptes, le très complaisant « socialiste » Didier Migaud, symbolise ce pouvoir exorbitant (&lt;i&gt;lire l&amp;#8217;article d&amp;#8217;Etienne Tarride&lt;/i&gt;). La civilisation républicaine de la liberté dans l&amp;#8217;égalité, de la justice dans la fraternité est à reconstruire. Peu être la violence des événements sociaux, qui rappelle le XIXe siècle des Misérables, suscitera-t-elle un sursaut salutaire.&lt;br /&gt;
</description>
<author></author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
</item>
<item>
<title>Un mot dans l'air du temps: Déclarations des droits de l'homme</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=634</link>
<description>par &lt;b&gt;René Robert&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première phrase de l'article 1 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 Août 1789 proclame : « &lt;i&gt;Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.&lt;/i&gt; » La Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948 proclame, dans la première phrase de son article 1 : « &lt;I&gt;Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'importe qui, y compris un dictateur, peut souscrire à cette phrase de 1948; ça n'engage à rien de reconnaître que les Hommes naissent libres et égaux en droits. On peut aisément admettre, en cette fin  de la première moitié du XXème siècle, qu'il s'agit d'un constat qui ne préjuge pas de l'avenir. Il est vrai qu'on n'avait pas encore pris la vraie mesure de ce qu'on nommerait, plus tard, la Shoah. En 1789, proclamer que les Hommes naissaient libres et égaux en droit, était une révolution, puisque dans l'Ancien Régime, l'existence des Ordres sociaux  consacrait les inégalités de naissance. Mais les rédacteurs de la Déclaration de 1789, savaient que cela ne pouvait suffire : il fallait engager l'avenir en proclamant que la liberté et l'égalité en droits étaient définitives, étaient consubstantielles à la nature humaine, à la qualité d'Homme : ils ajoutèrent le verbe demeurer. Et ça changeait tout !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle merveille que ces quelques mots : « &lt;i&gt;Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits&lt;/i&gt; »; quelle émotion en les lisant, en les disant, en les répétant ! Quelle musique que cette simple phrase, pourtant si chargée d'universel. Dans sa brièveté, sa concision, « les » ce modeste article grammatical, élimine toute fioriture de langage, toute astuce syntaxique: à travers tous les individus qu'il représente, ce « les » contient l'humanité ! Le vocable Hommes confirme et renforce l'universel : c'est bien de l'espèce humaine dont il s'agit ! Mais le pluriel utilisé, montre que l'humanité est saisie aussi comme ensemble de personnes, d'individus. Et puis, quelle douce sonorité dans ce verbe naître, conjugué au présent de l'indicatif, le temps de l'éternel présent : quelle assurance et quelle douceur !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Les Hommes naissent.... libres et égaux en droits &lt;/i&gt;»; on aurait pu se contenter de cela ! Se satisfaire de cette certitude si bellement, si calmement, mais si fermement déclarée. 0n sent aussitôt qu'il aurait manqué l'essentiel. Alors éclate le verbe demeurer, au présent de l'indicatif, justement ! Ah! L'admirable verbe, dans sa sonorité, dans sa signification ! Après le glissement sonore du présent du verbe naître, évoquant la douce émergence de la vie, voici  le coup de clairon du présent du verbe « demeurer », comme un rappel à l'ordre!  Demeurer : ce qui dure, ce qui est installé, ce qui est définitif, ce qui ne peut être remis en cause, contesté; mais aussi ce qui accueille : la demeure, le lieu de vie. Et cette conjonction de coordination, ce « et » qui relie, indissolublement, naître et demeurer, construisant un bloc unique qui caractérise les hommes, l'humanité !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rédacteurs de 1789 auraient pu écrire ! « Les Hommes naissent et doivent demeurer... » ; cela eut rejeté la liberté et l'égalité dans un futur incertain, comme un but à atteindre, vite oublié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, la liberté et l'égalité sont un état de nature. Il ne s'agit pas d'un projet, mais d'une Déclaration, c 'est-à-dire de l'énoncé solennel d'une réalité, d'une certitude, d'un état. « &lt;i&gt;Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.&lt;/i&gt; » : tout est dit, en si peu de mots. Il n 'y a pas moyen d'oublier  ce bloc de dignité. Comme j'aime cette langue française, capable de dire tant en si peu de mots ; de le dire si simplement et dans une telle musique !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant le verbe « demeurer » est absent en 1948 ! Il est vrai que les articles qui suivent le premier, constituent un ensemble fort et signifiant; il n'empêche, le verbe demeurer fait manque. Est-ce un oubli ? Quelle légèreté ! Il faut constater, hélas !, qu&amp;#8217;il n'est pas seulement absent de la Déclaration de 1948, mais également et tragiquement absent de la pensée des dirigeants du monde, dans chaque pays, y compris la France. Les libertés individuelles et collectives sont bafouées ou détournées, l'égalité de droits est devenue un slogan de moins en moins respecté.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail d'un républicain est de se battre pour promouvoir le verbe  « demeurer » et le faire appliquer, au présent de l'indicatif. Il faut relayer l&amp;#8217;esprit qui a conduit à la Déclaration du 26 août 1789 ! Il faut réaffirmer la dignité de l'Homme. Il y a urgence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une autre différence entre la Déclaration de 1789 et celle de 1948, différence proprement française : en 1789, la déclaration est celle des droits de l'Homme et du citoyen. Ses rédacteurs s'adressent à l'Homme, en tant qu'espèce singulière, et au citoyen, catégorie créée par la France de la Révolution, s'inspirant de la philosophie des Lumières. Le citoyen, c'est cet homme ou cette femme qui se préoccupe de la cité, c'est-à-dire des formes et du contenu du « vouloir vivre ensemble » ; à la fois promoteur et défenseur des libertés individuelles et collectives, mais aussi solidaire et fraternel, actrice-acteur de la laïcité, avec la République dans le c&amp;#339;ur et dans l'esprit. La citoyenneté est une invention française, mais elle peut s'exporter !&lt;br /&gt;
Tout compte fait, je ne suis pas certain que l'absence du verbe demeurer en 1948, soit un oubli.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit, le monde actuel  a de plus en plus besoin de citoyens-citoyennes, au sens que notre histoire a donné à ces mots, pour faire appliquer au présent, partout et d'urgence, le verbe « demeurer » dans la vie des Hommes, hommes et femmes. Le combat des républicains a lieu ici et maintenant.&lt;br /&gt;
</description>
<author>René Robert</author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
</item>
<item>
<title>L'événement: Des retraites sur fond de tensions</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=635</link>
<description>par &lt;b&gt;Jérémy Mercier&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement ouvre sa fameuse réforme des retraites. Les grands médias s&amp;#8217;agenouillent. Le « &lt;i&gt;temps de la décision&lt;/i&gt; », comme l&amp;#8217;avait dit M. Sarkozy l&amp;#8217;année dernière, viendra « &lt;I&gt;mi-2010&lt;/i&gt; ». Les acteurs du monde syndical, salariés et fonctionnaires pourront-ils s&amp;#8217;en réjouir ? Ce temps est maintenant arrivé. Les propositions de réforme donnent des allures d&amp;#8217;arbitraire, de lynchage des programmes sociaux, de démantèlement du droit social et du Code du travail, dont certaines règles européennes ne sont pas peu responsables, par exemple des décisions de la Cour de Justice des Communautés européennes.  Ainsi, M. Sarkozy pense que les choses doivent changer, qu&amp;#8217;il faut réformer, toujours dans le même sens bien entendu, tandis que beaucoup de nos concitoyens, s&amp;#8217;inquiètent, ne souhaitant pas perdre leur vie à la gagner. Cette réforme vise à réduire le coût des retraites pour l'Etat et les entreprises et à en privatiser la gestion et à les individualiser par l'assurance privée. Pour ce faire, l'âge de la retraite serait repoussé, la durée de cotisation allongée et son financement individualisé par capitalisation et/ou un système de points, dans le public comme dans le privé. A chacun sa retraite, inégale pour tous. C'en serait fini de la solidarité entre générations, statuts privés et publics, hommes et femmes, malades et bien portants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette réforme est plus que rétrograde, elle participe à l&amp;#8217;explosion de la société. D&amp;#8217;une part, pour M. Sarkozy, elle est justifiée par le principe selon lequel, parce que l&amp;#8217;espérance de vie s&amp;#8217;allonge, l&amp;#8217;âge de la retraite doit lui aussi augmenter.  Dans cette logique, on ne comprend pas pourquoi les enfants ne retourneraient pas à l&amp;#8217;usine. En fait, grâce à des experts bien choisis et des médias complaisants, le débat sur la réforme des retraites a été enfermé dans un triangle (durée des cotisations, âge de la retraite, montant des cotisations) en écartant l'élément déterminant: l'emploi. C'est aussi et surtout parce que le chômage est élevé (choix économiques libéraux font du chômage et du sous-emploi une variable d'ajustement et un moyen de pression social) et qu'on ne partage pas les revenus (bouclier fiscal) qu'on fait peser le poids de la réforme sur les catégories les plus faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réforme Balladur d&amp;#8217;août 1993, puis les réformes Fillon de 2003 et Bertrand de 2007 et 2008, faisant d&amp;#8217;ailleurs écho au rapport Charpin de 1998 commandé par le premier ministre Lionel Jospin, avaient déjà attaqué les retraites et donné ouvertement lieu à de telles déclarations. Or, il convient de rappeler que c&amp;#8217;est au contraire par le droit à la retraite à 60 ans que l&amp;#8217;espérance de vie moyenne a pu augmenter, non l&amp;#8217;inverse. Cette réforme cherche bien à détruire le bien-être des citoyens et les mécanismes sociaux, socles de la République. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En deuxième lieu, d&amp;#8217;un point de vue économique, cette réforme fait passer la privatisation au-dessus de la socialisation. Les gouvernements successifs et aujourd&amp;#8217;hui celui de M. Sarkozy n&amp;#8217;ont eu de cesse de baisser les cotisations, d&amp;#8217;exonérer notamment les cotisations patronales de sécurité sociale. Le pacte républicain est là encore atteint profondément et, au delà des discours, c&amp;#8217;est l&amp;#8217;existence même des retraites qui est en cause.  Car demander à travailler au-delà de 60 ans alors que le travail au-delà de 50 ans est quasi introuvable est une pure provocation. D&amp;#8217;ailleurs, il est étonnant qu&amp;#8217;un gouvernement comme celui dont nous disposons vante les mérites de la parité homme-femme alors même que cette réforme va aggraver la situation de ces dernières dont la retraite est souvent inférieure de 40% à celle des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En troisième lieu, cette réforme véhicule une faillite de la solidarité dans une période où près d&amp;#8217;un retraité sur dix c&amp;#8217;est-à-dire plus d&amp;#8217;un million de nos concitoyens, vit avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Nous assistons à un changement radical : jusqu&amp;#8217;à une date récente, on pensait que l&amp;#8217;évolution historique conduisait à pouvoir vivre bien en travaillant moins et mieux. Le slogan « travailler plus pour gagner plus », au-delà de son aspect ridicule dans la pratique, représente une inversion du discours. Tandis que le monde du travail devient de plus en plus dur, le service public, la Sécurité sociale, les mutuelles sont en crise et le gouvernement parle de réforme de retraite, jusqu&amp;#8217;à oublier la tâche de tout gouvernement démocratique : la liberté publique. Ainsi, comme le rappelait René Capitant lors d&amp;#8217;une séance à l&amp;#8217;Assemblée Constituante le 8 mars 1946, « &lt;i&gt;la liberté a besoin, pour être effective, que l&amp;#8217;Etat organise ces grands services publics, ces grandes institutions sociales qui sont le moyen pour l&amp;#8217;Etat de remplir les obligations nouvelles qu&amp;#8217;il contracte envers l&amp;#8217;individu et de distribuer à chacun les soins, l&amp;#8217;éducation, les secours à défaut desquels il n&amp;#8217;y a pas de sécurité sociale et, par conséquent, pas de liberté véritable &lt;/i&gt;».  Prendre en compte la pénibilité du travail, maintenir l&amp;#8217;âge de la retraite à 60 ans et défendre le service public peuvent être des gages de cette liberté.&lt;br /&gt;
</description>
<author>Jérémy Mercier</author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
</item>
<item>
<title>Chronique de l'antirépublique: Contrôleurs et contrôlés</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=636</link>
<description>par &lt;b&gt;Etienne Tarride&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&lt;/span&gt;a France est décidément un pays ou la République a du mal à vivre. Tout se passe comme si nous y étions entrés à reculons et comme si nous persistions à n'en vouloir collectivement qu'une version édulcorée. Ces derniers jours nous ont donné un exemple de cet état de choses tellement parfait qu'il en est presque caricatural, nous voulons parler des nominations de &quot;personnalités d'opposition&quot;par le Président de la République aux institutions de contrôle de l'exécutif que sont le Conseil Constitutionnel et la Cour des Comptes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces nominations elles-mêmes relèvent d'une rouerie politicienne médiocre. Elles reposent sur l'idée qu'il est toujours possible de trouver un volontaire pour une fonction importante, les convictions restant, dans beaucoup de cas, une matière particulièrement malléable. En revanche, les commentaires divers et variés qui ont pu être fait sont particulièrement intéressants. Tout se passe comme si, en France, personne ne s'étonnait que le chef de l'exécutif nomme lui-même les gens qui ont pour mission de le contrôler. On imagine à quel point les contribuables seraient heureux s'ils pouvaient nommer un de leurs amis en qualité d'inspecteur des contributions et les automobilistes s'ils pouvaient choisir le préposé au contrôle de vitesse sur les routes qu'il empruntent habituellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, le choix par le contrôlé du nom du contrôleur n'empêche pas le contrôle lui-même. On admettra qu'il en modifie les conditions et, le cas échéant, les conséquences. Lorsque quelqu'un vous a nommé, il est de bon ton, si quelque chose ne va pas, de se limiter aux conseils, voire aux remontrances, à la rigueur aux admonestations mais sans aller jusqu'à avoir recours à des sanctions ou même à des révélations publiques trop gênantes. Tout se passe comme si, dans la France Républicaine, certains personnages étaient tellement importants qu'il serait impossible de leur infliger des désagréments excessifs. Tout se passe comme si certains personnages étaient, sinon au-dessus des Lois, au moins de côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous apparaît vain d'espérer, si ces observations tristement banales ne sont pas faites, que les Français dans leur écrasante majorité considèrent la vie publique autrement que comme un drôle de jeu ou la tricherie est recommandée. Peu de choses sont aussi exaspérantes et aussi dangereuses que la conception du &quot;tous copains&quot;. La nomination des contrôleurs par les contrôlés et l'absence de toute observation critique quant au principe est de nature à faire progresser cette croyance, à moins, bien sûr, qu'elle ne soit acceptée ou même revendiquée par ceux qui gouvernent, ceux qui pourraient gouverner demain et ceux qui commentent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première règle de la République devrait être l'abandon de toutes les formes du bon plaisir. La France en est encore loin. Il apparaît évident que le Président de la Cour des Comptes devrait être choisi par les magistrats de cette juridiction et parmi eux. Pour toutes les institutions de contrôle, cette règle devrait être la même et revêtir une valeur constitutionnelle. Puisqu'il ne faut décidément pas compter sur le Prince pour s'astreindre lui-même à la règle commune, il faudra bien qu'un prochain jour une Assemblée Constituante reçoive pour mission de parachever la fondation de la République Française.&lt;br /&gt;
</description>
<author>Etienne Tarride</author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: La cendre et l'absence de flamme</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=637</link>
<description>Sabrant le champagne et faisant gorge chaude aux caméras complices, un certain nombre de responsables du Parti socialiste s'en sont pris aux abstentionnistes du premier tour des élections régionales. Curieusement, ils ont décidé que les abstentionnistes seraient des électeurs de droite, déçus par M. Sarkozy. On espère pour le PS que c'est faux car, alors, la droite ferait potentiellement des scores pharaoniques. Comme quoi, quand on ne veut pas regarder le peuple en face et qu'on ne pense qu'à prendre le pouvoir, on peut raconter n'importe quoi.&lt;br /&gt;
</description>
<author>J.M.</author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: Grave remise en cause du métier d&amp;#8217;enseignant</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=638</link>
<description>Le ministre de l'éducation, Luc Chatel, vient d&amp;#8217;exposer le 9 mars dernier son plan contre les absences des enseignants dans le primaire et le secondaire. « Il faut se mobiliser pour toutes les disciplines » note-t-il, avant de souhaiter une « mobilisation générale ». Certes, il est évident que tout enseignant, en cas d&amp;#8217;absence prolongée, doit être remplacé. Cela fait même partie des règles juridiques de l&amp;#8217;Education nationale, destinées à ne pas pénaliser les élèves scolarisés dans le public. Mais c&amp;#8217;est une faute plus que grave pour un ministre de proposer cette tâche à « de jeunes retraités de l&amp;#8217;éducation nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés ». Il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;une remise en cause du métier d&amp;#8217;enseignant et de sa banalisation. Divers représentants syndicaux d&amp;#8217;enseignants ont entamé des plaintes devant les tribunaux administratifs pour rappeler le ministre à ses obligations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
</description>
<author>J.M.</author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
</item>
<item>
<title>Brèves: Quand l'hopital se moque de la charité</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=639</link>
<description>Monsieur Devedjian vient de dénoncer la manipulation des sondages. &lt;br /&gt;
Ceux-ci donnent, en effet, Valérie Pécresse, candidate de l'UMP, largement battue au second tour des régionales en Ile de France.&lt;br /&gt;
Sur le fond, nous ne pouvons qu'applaudir à la déclaration, tant les sondages sont devenus un instrument d'influence et de manipulation. Mais que ce soit Devedjian qui s'en offusque peut au mieux faire rire, au pire agacer.&lt;br /&gt;
Enfin, vaut mieux entendre ça que d'être sourd !</description>
<author>A.B.</author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
</item>
<item>
<title>Note de lecture: Une sociologue au Conseil constitutionnel</title>
<link>http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&amp;number=37&amp;articlenum=640</link>
<description>Qu'est-ce que le Conseil constitutionnel ? A quelle date a-t-il été créé ? Quel est son rôle ? Le livre de la sociologue Dominique Schnapper répond à ces questions, d'un intérêt indéniable pour les citoyens. En effet, le Conseil constitutionnel est une haute juridiction qui fut mise en place en 1958 par le Général de Gaule. Il a pour fonction de contrôler les lois votées par le Parlement et il fut d'ailleurs à l'origine de la rationalisation de celui-ci, c'est-à-dire du contrôle progressif de la volonté émanant du peuple. En quoi, dès lors, ce contrôle peut-il être considéré comme démocratique ? Le point de vue de Dominique Schnapper, qui siéga au Conseil constitutionnel de 2001 à aujourd'hui, est principalement axé sur la &quot;sagesse collective&quot; des juges et la garantie de la Constitution, malgré les alternances politiques ou les crises. Son travail de sociologue permet de comprendre, avec des outils extérieurs au droit, l'activité des juges eux-mêmes, qui se nomment précisémént les &quot;Sages&quot;. Elle revient cependant sur la rupture opérée par la création de cette institution, qui renverse en effet la souveraineté populaire et la tradition républicaine. Des nombreuses citations sont présentes, qui permettent de comprendre que même des gaullistes étaient hostiles à ce nouveau gouvernement des juges. Peut-on dire, en effet, que leurs décisions sont toujours objectives ? Ce livre suscite de nombreuses réflexions liée à l'exigence, souvent remise en cause de nos jours, de la souveraineté populaire. La question prioritaire de constitutionnalité, entrée en vigueur depuis le 1er mars 2010, peut renforcer ces dérives, en conférant au Conseil constitutionnel la place de &quot;troisième législateur&quot;. &lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
      &lt;p align=&quot;left&quot; class=&quot;Style1&quot;&gt;&lt;strong&gt;J.M.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;
      &lt;p align=&quot;left&quot; class=&quot;Style1&quot;&gt; - &lt;i&gt;&lt;b&gt;Une sociologue au Conseil constitutionnel&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, de Dominique Schnapper, Gallimard, 2010, 452 pages, 22,50 euros. &lt;/p&gt;</description>
<author></author>
<pubDate>2010-03-18</pubDate>
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