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Monopoles dans la presse Mardi 27 Novembre 2007 par Gilbert Legay Avant que le rachat du titre par le Groupe LVMH ne soit conclu, les journalistes des Échos, quotidien d’information financière, ont mené un combat légitime au nom de l’indépendance et la crédibilité de leur travail. Comment ne pas douter en effet, malgré les engagements pris par Bernard Arnault, patron du Groupe LVMH, mais dont nous ne connaissons pas les intentions à long terme, que les informations et les articles qui paraîtront désormais, concernant les sociétés du groupe ou leurs concurrents, soient toujours empreints de la plus totale objectivité ? Il est donc bien question de l’indépendance et de la crédibilité des journalistes. Le même problème se pose d’ailleurs pour de nombreux autres titres, depuis que de grands capitaines d’industrie se sont investis dans le secteur de la presse, créant des groupes puissants, dont la totale objectivité est sujette à caution. Conséquence évidente : la qualité et la liberté du débat démocratique sont menacées ! Il fut un temps, pas tellement lointain, où en application des ordonnances de 1944 ( interdiction des prête-noms, des hommes de paille et des cumuls secrets de propriété…) de telles concentrations étaient illégales, permettant ainsi à chaque courant politique, de disposer d’un titre, de diffuser ses idées et ses critiques, et ainsi de faire vivre la démocratie. Puis vint la loi de 1984 (dite loi anti-Hersant) dont le but déclaré était d’éviter des concentrations comme celle que Robert Hersant avait réalisée ; cette loi inopérante apporta juste la preuve, souvent oubliée par les puissants, que les lois qu’ils ont votées ou inspirées sont aussi faites pour eux. C’est à cette même époque que la télévision apparut comme un média dont la vocation était hégémonique. Comment s’opposer à ce magazine en couleurs qui s’ouvre en poussant un bouton, que l’on peut regarder en famille, qui propose du divertissement facile, du dépaysement et toutes les tentations de la propagande publicitaire ? Durant les vingt dernières années, les chiffres de l’investissement publicitaire dans les quatre principaux médias (presse, télévision, affichage, radio), démontrent un recul constant de la presse (57,9 % en 1986 et 40,48% en 2007) et un choix des annonceurs en faveur de la télévision (19,1 % en 1986 et 37,8 % actuellement). Les conséquences pour la presse sont devenues inéluctables : ne bénéficiant plus que difficilement de la manne publicitaire, elle connaît de croissantes difficultés sanctionnées par la disparition de nombreux titres et une fragilité financière, qui fait de certains autres titres des proies tentantes et faciles pour de puissants groupes… et le problème de l’indépendance des rédactions reste une liberté de façade ! La crise de la presse est aussi une crise de l’ information ! Que partout dans le monde, de grands groupes possèdent journaux, radios et chaînes de télévision, n’est ni une raison, ni une consolation pour ceux qui restent attachés aux règles élémentaires du débat démocratique. Force est de constater que l’information est devenue une marchandise, et que le rôle des médias n’est plus d’informer avec la plus grande objectivité possible, mais de conformer l’opinion publique aux idées et aux intérêts de leurs propriétaires ou actionnaires…C’est le triomphe de la « pensée- domination » En 1945, Albert Camus écrivait : « L’appétit de l’argent et l’indifférence aux choses de la grandeur, opèrent en même temps et vont donner à la France, une presse qui, à de rares exceptions près, n’aura d’autre but que de grandir la puissance de quelques-uns, et d’autre effet que d’avilir la moralité de tous » ! Gilbert Legay Autres articles Lettre n°15: Note de lecture Ce grand cadavre à la renverse, de B.-H. Lévy (voir Lettre 12), confirmait deux éléments essentiels : la surdité de BHL à la « question sociale » et les « sept péchés capitaux » supposés de la gauche critique à l’égard de la matrice libérale du capitalisme. Daniel Bensaïd, jamais...[Lire la suite] Lettre n°32: Brèves Lors d'une émission de France Culture tenue exceptionnellement à l'école normale supèrieure, Alexandre Adler a défendu le rôle du latin dans la démocratisation de l'enseignement. Il a, en particulier, expliqué qu'autrefois les fils d'instituteurs avaient un avantage à force de hurler la messe en latin. Voila une vision de la...[Lire la suite] |
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